Les instances de l'aviation mondiale ont fait de la réduction des pertes de contrôle en vol (LOC-I) une priorité. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (Easa), en collaboration avec l'Association internationale du transport aérien (Iata), vient de publier de nouvelles exigences en matière d'entraînement des pilotes pour diminuer ce risque. Baptisé «Entraînement à la prévention et à la récupération des pertes de contrôle en vol» (UPRT), ce programme se base sur les recommandations de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI) établies l'an dernier et les conseils d'experts de l'industrie. Il a été adopté par décision du directeur exécutif de l'Easa, selon une procédure accélérée, le 4 mai. Il sera applicable à toutes les compagnies aériennes et à tous les opérateurs commerciaux d'avions d'affaires européens, qui ont jusqu'à avril 2016 pour l'appliquer.
L'UPRT s'attache notamment à intégrer plus fortement des facteurs humains dans les procédures d'entraînement. Il introduira ainsi les principes de Gestion des ressources de l'équipage (CRM) et de gestion des menaces et des erreurs, afin d'améliorer la performance des pilotes dans le cockpit, notamment dans des situations où ils sont pris par l'effet de surprise. Cela passera par exemple par une attention particulière pour faire une bonne utilisation des moyens de simulation et éviter les effets négatifs. Des exercices spécifiques devront être réalisés en simulateur de vol complet (FFS), au moins tous les trois ans.
« Même si les cas de LOC-I sont rares, 97 % d'entre-eux sur les 5 dernières années ont impliqué des morts parmi les passagers ou les équipages, constate Tony Tyler, directeur général de l'Iata. S'associer avec l'Easa sur sur cette importante initiative, basé sur des standards mondiaux et les meilleures pratiques, va réduire la probabilité de tels évènements dans le futur. »