
Portrait : capitaine Geoffrey
Un rêve de voltige
Air Austral est bien décidé à repartir de l'avant. En grave difficulté il y a encore peu, la compagnie réunionnaise vient de passer une étape importante de son redressement. Le 25 janvier, elle a annoncé la commande de deux Boeing 787-8. Ils arriveront rapidement, dès 2016. Air Austral compte ainsi constituer une flotte plus en adéquation avec son réseau, notamment en terme de capacité. Elle évacue ainsi les erreurs du passé, qui avait vu la commande de deux Airbus A380.
Les deux Dreamliner viendront épauler les Boeing 777-200LR/300ER au sein de la flotte long-courrier. Le premier sera intégré en mai 2016, le second en octobre de la même année. Grâce à leur polyvalence, ils seront déployés aussi bien sur des dessertes « régionales » entre La Réunion et Mayotte qu'en complément entre la métropole et La Réunion.
Avec une configuration de 242 sièges répartis sur deux classes, le 787 répond au besoin d'un « avion intermédiaire » exprimé par le pdg de la compagnie Marie-Joseph Malé en décembre dernier. Comme il l'expliquait alors, ils permettront d'ouvrir des lignes en direct pour lesquelles le 777-200LR est surdimensionné avec ses 360 sièges, tel Paris-Mayotte en direct. Cette dernière sera d'ailleurs effective dès mai 2016. Ce pourrait aussi être le cas en Afrique australe, en Asie du Sud-Est et en Chine, notamment à la faveur de partenariats avec d'autres compagnies aériennes.
Air Austral va également pouvoir rouvrir une liaison directe entre La Réunion et Bangkok en Thaïlande. Alors qu'elle la desservait en Boeing 777, la compagnie avait fait face à d'importantes difficultés pour remplir l'appareil. Elle avait donc dû y renoncer lors de sa restructuration en 2012, au profit d'une ligne avec escale à Chennai en Inde et opérée en 737-800.
Cette commande de Boeing 787 était donc prévisible, mais pas forcément aussi tôt. A plus long terme, la flotte long-courrier gros porteur pourrait aussi être renouvelée. Marie-Joseph Malé n'a décidé de fermer aucune porte pour ces nouveaux appareils. A350, 787 et surtout 777 – qu'il décrit aujourd'hui comme l'appareil idéal dans sa version 300ER – sont en lice. Reste à savoir quelle sera sa marge de manœuvre alors que les négociations avec Airbus s'éternisent à propos des deux A380 commandés par l'ancienne direction. A moins qu'Air Austral n'arrive à convertir sa commande.