C'est un mariage qui aura fait long feu. Moins de deux ans après son rachat par le fonds d'investissement américain Beachside Capital et Jean-Claude Wehrle, XL Airways France a repris son indépendance le 12 septembre. Ce revirement fait suite à une procédure judiciaire engagée à l'encontre des nouveaux actionnaires qui n'ont « pas respecté les engagements pris au moment de l’acquisition ». La compagnie française s'est vue ainsi attribuer l'intégralité de ses titres « devenant ainsi propriétaire de ses propres actions ». Elle devient de fait 100 % française. La nature du différend entre la compagnie et ses désormais ex-actionnaires n'a pas été dévoilée.
XL Airways France va désormais s'appliquer à reconstituer « un actionnariat stable et pérenne ». Elle entend poursuivre son développement commercial. Cela passera vraisemblablement par un recentrage sur le long-courrier. La compagnie devrait néanmoins privilégier la consolidation de ses dessertes plutôt que des ouvertures en grand nombre comme ce fut le cas ces dernières années. Elle va également mettre en place « une politique de réduction des coûts en concertation avec ses partenaires sociaux ». Elle entend préserver ses 750 emplois malgré son retrait à court ou moyen terme du segment moyen-courrier et ces mesures d'économies.
Beachside Capital avait racheté XL Airways France en novembre 2012 à la banque islandaise Straumur, vendeuse depuis 2009. Ce fonds américain s'était appuyé sur Jean-Claude Wehrle – suisse de son Etat – pour contourner la disposition réglementaire qui limite à 49 % les investissements étrangers dans une compagnie aérienne européenne.
Beachside Capital avait réalisé une opération similaire lors du rachat de XL Airways Germany fin 2011. Il avait alors placé à sa tête l'Allemand Bertolt Flick, ancien président d'airBaltic et accusé de corruption par le gouvernement letton. La compagnie allemande a fait faillite un an plus tard. D'où des craintes certaines chez XL Airways.