Faut-il agrandir l'Airbus A350-800 ?
Rédaction Air & Cosmos
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C'est un fait : l'A350-800, la plus petite des versions de l'A350 XWB, ne jouit pas d'un énorme succès commercial avec un carnet de seulement 56 commandes fermes.
C'est ce qui explique pourquoi Airbus a décidé de programmer à 2016 la mise en service de cette version, juste avant celle de l'A350-1000, afin de se laisser le temps de voir. Et surtout envisager un possible changement de sa configuration.
Avec une capacité moyenne de 275 sièges (répartis sur trois classes) et une distance franchissable de 15.750 km, l'A350-800 se trouve en effet un peu entre deux eaux. Il concurrence en partie le Boeing 787-9 (qui doit entrer en service cette année), mais ne se démarque pas vraiment de la famille A330, dont les deux modèles couvrent une capacité de 250 à 300 sièges.
Autre argument en sa défaveur : avec un prix catalogue (2014) de 261 M$, il est plus cher que l'A330-300 (245,6 M$). Il est évidemment plus moderne, et affiche une distance franchissable plus importante. Mais il ne se rapproche pas pour autant de l'A350-900, qui est plus gros (314 passagers sur trois classes) et doit entrer en service cette année.
Une possibilité pour Airbus pourrait donc consister à accroître la capacité de cette version aux environs de 300 sièges, tout en réduisant sa distance franchissable. Une hypothèse de travail parmi d'autres, qui permettrait de cibler plus précisément le 787-9.
Mais ce n'est pas tout. Airbus a également d'autres projets dans sa manche : il y a évidemment cette version "musclée" de l'A330-300 dont la masse maximale au décollage (MTOW) est rehaussée à 242 tonnes, ce qui lui permettra d'atteindre une distance franchissable de 11 300 km. Déjà lancée, elle doit entrer en service en 2015.
Il y a aussi ce projet de lancer une version "régionale" de l'A350-900 dont la MTOW serait pour le coup rabaissée de 269 à 250 tonnes, avec des moteurs optimisés pour une poussée légèrement moindre.
Il y a enfin ce projet d'un A330 remotorisé, sur le même modèle que l'A320neo, qui permettrait de faire perdurer l'actuel succès commercial de l'A330.
D'une manière générale, Airbus doit pratiquer un pilotage très fin sur ce marché. Car il s'agit d'ajuster au mieux la capacité et la distance franchissable des différents modèles de l'A330 et de l'A350, pour mieux barrer le chemin aux familles 787, 777 et, depuis peu, 777X.
Rédaction Air & Cosmos