Eclipse 500 : bientôt le retour ?
Rédaction Air & Cosmos
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Lentement mais sûrement, Eclipse Aerospace poursuit le redémarrage de la production en série du mini-jet d’affaires Eclipse 500. Le 18 mars dernier, le premier Eclipse 550 – nouvelle désignation signifiant que ces avions sont construits par Eclipse Aerospace, et non plus Eclipse Aviation – était mis sous tension dans l’usine d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Les deux moteurs Pratt & Whitney PW610F ont été démarrés, et l’avion a pu sortir d’usine. Son premier vol devrait intervenir sous peu.
Hier, le petit avionneur américain annonçait également que son outil de production avait été certifié par les hautes instances de la FAA (Federal Aviation Administration). Eclipse Aerospace va maintenant pouvoir faire certifier l’Eclipse 550. En effet, ce dernier n’est pas tout à fait identique à l’Eclipse 500. Il est notamment est doté d’une avionique Avio NG un peu plus complète, avec notamment l'ajout d'un système de vision synthétique (SVS), d'un système de vision améliorée (EVS) et d'un FMS bimode.
Pour mémoire, l’Eclipse 500 est un avion à l’origine conçu et fabriqué par Eclipse Aviation, une société fondée en 1998 par Vern Raburn, un ancien dirigeant de Microsoft. L’objectif était alors de produire en série un petit jet d’affaires, à la fois moderne, de conception simple, vendu à moins de 800 000 $ l’unité.
L’ambition : démocratiser l’aviation d’affaires et surtout le concept de l’avion-taxi, en misant sur la fabrication de grandes séries faisant appel à des concepts de production issus de l’industrie automobile. L’avion fait son premier vol en 2002 et reçoit – non sans difficulté – sa certification FAA en juillet 2006. La première livraison a lieu en janvier 2007.
Hélas, le rêve tourne vite court. Les réalités économiques rattrapent Eclipse Aviation qui se trouve rapidement en déficit financière, malgré un prix catalogue qui passe successivement de 775 000 $, à 1,5 M$, pour finalement atteindre 2,15 M$
Plusieurs plans de sauvetage sont alors évoqués, dont la construction d’une seconde ligne d’assemblage en Russie, dans la province d’Oulianovsk. Ambitieux, le constructeur fait même volé en juillet 2007 un second modèle, l’Eclipse 400, une variante monomoteur.
Le coup de grâce arrive en 2008 lorsque le FAA ouvre une enquête sur la procédure de certification de l’Eclipse 500. Le mini-jet d'affaires se serait vu accorder son certificat de navigabilité en septembre 2006 en dépit d'objections de pilotes d'essais et d'ingénieurs de la FAA…
Parallèlement, la société cherche tant bien que mal de nouveaux financements, pour continuer à produire son avion. Mais en vain, la société est placée en liquidation judiciaire en 2009. Eclipse Aviation ferme ses portes après avoir produit seulement 260 avions, dont 161 en 2008. On est alors loin des quantités rêvées au début de l’aventure. Les 2600 intentions d’achats accumulées au fil du temps, et les avances d’argent associées, partent en fumée.
Pour autant, la FAA donne son accord pour que les avions livrés puissent continuer de voler. Fin 2009, les actifs de la société sont rachetés par une société indépendante, baptisée Eclipse Aviation, qui se propose, dans un premier temps, d’assurer la maintenance des avions en service, et éventuellement plus tard, de reprendre la production en série. En octobre 2011, lors de la NBAA, le mondial de l’aviation d’affaires, la société américaine annonce son ambition de construire de nouveaux Eclipse 500, alors rebaptisés Eclipse 550. La production d’un premier exemplaire démarre en juin 2012. Sa livraison est prévue cette année.
Rédaction Air & Cosmos