Le G650, l'ultra-bizjet de Gulfstream, est bon pour le service
Rédaction Air & Cosmos
Rédaction Air & Cosmos
Il aura fallu à Gulfstream neuf mois de plus que prévu sur le calendrier initial. Mais le constructeur américain y est arrivé. Il a annoncé hier avoir obtenu le certificat de type (TC) du biréacteur d'affaires G650, des mains de la FAA. Une belle victoire qui va permettre à Gulfstream de revenir en force sur le marché des avions d'affaires haut de gamme, face à Dassault Aviation et Bombardier.
D'autant que le G650 n'est pas un avion comme les autres. Sous ses airs de GV agrandi se cache une véritable machine de course. Cet ultra-bizjet cumule les records. Déjà, parce que c'est le plus gros et le plus cher jet d'affaires du monde. Avec une vitesse de pointe de Mach 0,925, il est également l'avion civil en service le plus rapide du monde, battant d'une courte tête le Citation X de Cessna, et en prenant évidemment en compte le fait que Concorde n'est plus en activité.
Le G650 est aussi un avion capable de parcourir 12964 km sans escale, ce qui le place au niveau d'un Boeing 777 en terme d'autonomie. Ses dimensions n'ont d'ailleurs rien à envier à celles d'un avion de ligne, puisqu'il affiche sans complexe une envergure de 28,5 mètres, pour une longueur de 30 mètres et une masse maximale au décollage de 45 tonnes.
Enfin, l'avion de Gulfstream se paie également le luxe d'être un bijou de technologie. Il est ainsi le deuxième avion d'affaires au monde à être doté de commandes de vol électriques, après le Falcon 7X de Dassault Aviation. Il est également doté d'une avionique dernier-cri et d'une cabine intégrant ce qui se fait de mieux en matière de raffinement et de luxe (sellerie en cuir blanc, écran haute définition, connectivité tous azimuts).
Pour autant, son programme de certification n'a pas été un long fleuve tranquille. L'avion a fait son premier vol le 25 novembre 2009 et aurait du être certifié en fin d'année dernière. Mais le 2 avril 2011, le deuxième prototype s'écrase sur l'aérodrome de Roswell, tuant son équipage lors d'un essai de performance au décollage particulièrement contraignant, consistant à décoller à pleine charge, avec le minimum de volets et un moteur tournant au ralenti. Au moment de la rotation, l'une des ailes heurte le sol, faisant brutalement s'écraser l'avion qui finira sa course plusieurs centaines de mètres plus loin avant de brûler. A ce jour, le NTSB américain n'a toujours pas publié son rapport définitif sur l'accident.
Cet accident n’empêchera pas l'avion de conclure son programme de certification avec succès, après la réalisation de 3889 heures d'essais au cours de 1181 vols. De même, sa carrière commerciale n'a pas été impactée puisque le G650 affiche un confortable carnet de 200 commandes fermes, sachant que son prix catalogue est de 65 millions de dollars. La première livraison devrait intervenir d'ici la fin de l'année.
Le G650 entre en concurrence avec le Falcon 7X de Dassault et le Global 6000 de Bombardier. Le constructeur canadien prévoit de mettre en service, dans les prochaines années, le Global 8000 : un avion d'affaires encore plus gros et capable de franchir des distances encore plus importantes.
Rédaction Air & Cosmos