Transport aérien : l'Inde desserre son étau fiscal
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L'annonce n'a, en apparence, aucun lien avec le salon Aero India 2021, mais sa concrétisation ne sera pas sans conséquence sur le transport aérien indien et les commandes d'avions de ligne des compagnies aériennes indiennes. A quelques jours de l'ouverture de la manifestation, Nirmala Sitharam, ministre des Finances, a en effet annoncé une série d'incitations fiscales pour attirer les grandes sociétés de leasing avions à créer des filiales en Inde et plus précisément dans la ville nouvelle de « Gujarat International Finance Tec-City » ou GIFT City qui ambitionne d'être un « hub financier » à l'image de ceux de Singapour et de Hong Kong.
La construction de ce « hub financier » dans l'Etat du Gurajat, bordé au nord par le Pakistan et dont est originaire l'actuel Premier ministre indien, Narendra Modi, a été lancée sous son premier mandat. Mais, attirer les « loueurs d'avions » en Inde est un projet en gestation depuis 2019 sous le nom de « Project Rupee Raftar ». Objectif : développer un modèle similaire à celui que la Chine a progressivement mis en place tout en aidant les compagnies aériennes indiennes à développer leurs flottes avec des loyers avions payés en monnaie nationale et non plus en dollars afin de ne pas être pénalisées par les fluctuations monétaires.
D'autant que les opérations de cession-bail, pratiquées à grande échelle par des transporteurs comme Indigo, permettent également d'alléger les bilans, en dé-consolidant les actifs (avions) de la dette . Ce qui n'est pas rien puisque les loyers avions payés par Indigo devraient dépasser le milliard de dollars sur cette année fiscale 2020-2021 contre 480 M$ en 2018. En échange, les loueurs installés dans la GIFT City bénéficieraient d'une série d'incitations fiscales comme la suppression pendant une durée de dix ans de la taxe sur les plus-values ou encore la suppression de la taxe sur les loyers payés à des loueurs étrangers et qui s'élève à 28 %.