Transport aérien : les passeports sanitaires, un passage obligé ?
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Capture d’écran 2021-02-15 à 15.01.32
Media DR
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A la fin du mois de novembre, le directeur général exécutif de la compagnie australienne Qantas, Alan Joyce, jetait un véritable pavé dans la mare du transport aérien mondial. Alors que l'Australie s'était déjà, à l'époque, quasiment débarrassé de l'épidémie avec seulement 908 décès (et un confinement de cent douze jours achevé fin octobre de l'Etat de Victoria, qui concentrait 90 % des cas de Covid-19), le patron annonçait que Qantas serait la première compagnie aérienne du monde à imposer une vaccination contre le coronavirus pour tout passager désirant monter à bord d'un avion du transporteur. « Nous sommes en train de travailler à changer nos termes et conditions commerciales, pour dire que, pour les liaisons internationales, nous demanderons aux passagers d'être vaccinés avant de monter à bord de l'appareil », avait alors annoncé Alan Joyce lors d'une émission de la chaîne australienne Channel 9. « Nous pensons que pour les visiteurs qui arrivent et pour les gens qui quittent le pays, c'est une nécessité, ajoutait-il. Nous examinons la forme que pourrait prendre ce passeport vaccinal, une version électronique qui puisse certifier quel est le vaccin. Il y a beaucoup de logistique et de technologie pour que cela soit mis en oeuvre, mais les compagnies aériennes et le gouvernement travaillent dessus alors que nous parlons. » En France, le trouble a été semé car, alors que le président de la République avait à plusieurs reprises précisé que la vaccination contre le Covid- 19 ne serait pas obligatoire, un projet de loi est arrivé en discussion au mois de décembre avant qu'il ne soit rejeté par le Sénat. A l'époque, certains évoquaient la nécessité de produire ce « passeport » ou « certificat » vaccinal, non seulement pour voyager, mais aussi pour pouvoir de nouveau entrer dans les musées, les salles de concert, les cinémas etc. Cette conception fait débat en France parce qu'elle reviendrait à revenir sur le caractère non obligatoire de la vaccination et pourrait poser un problème de respect des libertés. Pour autant, le sujet fait débat au niveau européen où les pays se partagent entre « pro » et « anti-passeports vaccinaux ». C'est l'Islande qui, en Europe, a été la première à lancer un passeport vaccinal, le 21 janvier 2021. Le Danemark a aussi sauté le pas en proposant l'idée d'un « coronapass » qui devrait être mis en oeuvre à l'approche de l'été. Le document devrait être nécessaire pour se déplacer à l'étranger, mais également pour assister à des événements sportifs et culturels. La Suède pourrait aussi lancer le sien d'ici trois ou quatre mois, ainsi que la Grèce ou l'Estonie. Avec la France, l'Allemagne, les Pays- Bas et la Belgique sont, eux, très réticents ou jugent qu'il est bien trop tôt pour en discuter.