Transport aérien : "la santé, nouvel élément de son développement durable"
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Le directeur général de l'AESA en est convaincu : « Le facteur santé sera un nouvel élément du développement durable du transport aérien mondial ». C'est une des leçons de la crise créée par la pandémie de Covid-19. Tout en rappelant que le périmètre d'action de l'Agence est « fixé » par un règlement de base qui est « révisé » tous les dix ans, Patrick Ky souligne néanmoins que des « changements fondamentaux peuvent intervenir » pour traiter « de cas exceptionnels ». La pandémie en est un et l'AESA « sera malheureusement amenée à continuer à travailler sur ce sujet en réactif et de manière de plus en plus pro-active », espère-t-il.
La prise en compte du facteur santé en matière de sécurité aérienne n'est pas entièrement chose nouvelle pour l'AESA dont les équipes de médecins avaient déjà mis en place un partenariat avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) pour traiter la menace Ebola. «Nous avons du mettre en place un certain nombre de mesures pour protéger les équipages, de traitement des passagers et de désinfection des avions qui allaient vers des zones Ebola », rappelle Patrick Ky. Une expérience qui a servi lors de l'éclatement de la pandémie de Covid-19.
« Nous avons commencé à travailler très tôt sur le sujet puisque notre premier bulletin d'alerte sur la manière de traiter les passagers malades et de protéger les navigants a été émis le 27 janvier 2020. A suivi le 13 mars, une directive sur la désinfection des avions et les mesures à prendre à bord », raconte le directeur général de l'AESA qui se souvient aussi de la forte opposition que cette démarche a suscité de la part de la Commission européenne et de certains Etats de l'Union européenne. « La Commission européenne indiquait que la santé n'était pas du domaine de l'AESA et certains Etats, pas la France qui nous a toujours soutenus, nous expliquaient que la santé était une compétence strictement nationale ».
« Malgré cela, nous avons continué à travailler sur le sujet avec nos médecins et en mai 2020 nous avons signé avec l'ECDC un protocole de traitement des passagers dans les aéroports et à bord des avions qui visait à faire le lien entre les exigences sanitaires et les exigences du transport aérien. Ce protocole a eu un effet énorme non pas sur les Etats dont les autorités de l'aviation civile étaient complètement dépassées par les évènements et surtout dépassées par le fait qu'elles n'avaient plus leur mot à dire car les autorités sanitaires avaient pris le pouvoir », poursuit Patrick Ky.
« Par contre, la puissance de ce document avec l'ECDC a permis de bâtir un partenariat avec l'industrie du transport aérien qui reconnaît qu'il faut une procédure européenne et avoir une approche européenne pour que le transport aérien puisse continuer à opérer. L'industrie du transport aérien a donc signé ce protocole de manière volontaire et pro-active. Le Groupe ADP s'est donc engagé à mettre en œuvre ce protocole dans les aéroports de Charles de Gaulle et d'Orly mais aussi l'aéroport de Toulouse ainsi que Air France ».
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« A ma connaissance, ce protocole est, à ce jour, le seul document au monde cosigné par des autorités aviation et des autorités médicales. Il a permis, mais ce n'est pas la seule raison, ce rebond du trafic aérien en juin et juillet 2020. La nouvelle baisse du trafic pendant les mois d'août et de septembre a été générée par la mise en œuvre par les Etats, et de manière unilatérale, de nouveaux protocoles, soit de tests, soit de quarantaines qui ont complètement déboussolés les passagers », explique Patrick Ky.