Projet Sunrise : le retour de l'ultra long-courrier
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A350-1000_RR_QFA_V10_RVB
Media DR
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"Les nouveaux types d'avions rendent de nouvelles choses possibles". C'est de cette manière que Alan Joyce, le PDG du groupe Qantas a salué la relance du projet Sunrise de la compagnie australienne qui vise à opérer, à partir de 2025, des vols ultra long-courriers non-stop entre n'importe quelle grande ville d'Australie vers l'Europe et notamment la route Sydney-Londres, dite « Route Kangourou » (voir notre encadré). Pour cela, la compagnie australienne va utiliser douze Airbus A350-1000 qui, en version ULR (Ultra Long Range), devront être modifiés pour pourvoir couvrir des distances de près de 16 000 kilomètres d'un seul tenant, avec un temps de vol de près de vingt heures. Ces douze Airbus A350-1000 (qui sont en fait une confirmation de commande) font partie d'une méga commande de 52 avions au total incluant vingt Airbus A321 XLR (Extra Long Range) et vingt Airbus A220, avec 94 options d'achats supplémentaires courant jusqu'à la fin 2034. Le montant total de la commande se monte à environ 8 Md$.
« Au travers de notre histoire, l'avion que nous faisions voler définissait l'ère dans laquelle nous étions. Le 707 introduisit l'âge du jet, le 747 a démocratisé le voyage et l'A380 a apporté un niveau de confort complètement nouveau. L'Airbus A350 et le projet Sunrise permettront de mettre n'importe quelle ville à un vol seulement de l'Australie. C'est la dernière frontière et la solution finale à la tyrannie de la distance. Comme l'on peut s'y attendre, la cabine sera spécialement conçue pour assurer un confort maximum dans toutes les classes », explique Alan Joyce.
Le lancement du projet Sunrise remonte à 2017, quand Qantas a mis en balance et mandaté les deux constructeurs Airbus et Boeing pour lui fournir des options d'appareils très long-courriers susceptibles de voler sur de très longues distances. Le terme même de « sunrise » (lever de soleil) fait symboliquement référence aux « Double Sunrise flights », opérés par Qantas à travers l'Océan indien pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui étaient suffisamment longs pour que les passagers puissent voir deux levers de soleil. Dès l'annonce du lancement du projet, Airbus avait annoncé qu'il était en mesure de proposer des versions d'appareils long-courrier capables d'atteindre, voire de dépasser, des temps de vols de vingt heures. En fait, le constructeur européen avait une très bonne base de travail puisqu'il avait déjà développé une version ULR de l'A350-900, petit frère de l'A350-1000. C'est d'ailleurs avec l'A350-900 ULR que le 11 octobre 2018, la compagnie Singapore Airlines a réalisé le dernier plus long vol commercial en date, entre Singapour et New York/Newark, bouclé en 17 h 52 sur une distance de plus de 9 000 miles nautiques (environ 16 700 kilomètres), alors que le temps de vol théorique était de 18 h 25 à l'aller et 18 h 45 au retour (ndlr : les distances parcourues et les durées de vol des vols très long-courrier peuvent varier fortement en fonction des conditions météo, du poids en vol et surtout de l'orientation des vents dominants). Rappelons que l'Airbus A350-900 ULR a un emport de carburant de 165 000 litres, soit 24 000 de plus que l'A350-900 en version classique. Airbus a été en mesure de résoudre le défide « gonfler » les performances de l'A350-1000 tout en gérant le problème du poids plus important de ce dernier par rapport à l'A350-900 (plus de 40 tonnes supplémentaires). Face à l'A350-1000, Boeing était pénalisé puisqu'une version optimisée pour le très long-courrier était encore plus lourde que l'Airbus A350-1000.