FNAM : Le transport aérien se redresse
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Media DR
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Comme la plupart des grandes compagnies mondiales, les transporteurs aériens principaux français ont réalisé un bel été 2022, avec un fort retour de la demande de voyages. « Les compagnies de la FNAM ont réalisé, en août 2022, un total de 87,5 % du trafic du même mois de 2019, avec des liaisons outremer qui ont encore plus performé, puisqu'elles étaient à 110 % du niveau de trafic de 2019 », explique Alain Battisti, président de Chalair Aviation.
« En septembre 2022, le niveau de trafic est en léger retrait, avec un niveau de trafic équivalent à 85,3% du trafic réalisé sur le même mois de 2019, et des liaisons outremer à 99 % du niveau pré-crise. Depuis le début de l'année, les compagnies sont à 78 % du niveau de trafic de 2019 (97 % pour le trafic métropole-Outremer) ». À noter que les aéroports de Paris-Orly et Paris-Beauvais sont, en août dernier, repassés au-dessus du niveau de trafic du même mois en 2019. Pour l'ensemble de l'été, la part du pavillon français est de 41% en nombre de passagers et de 55% en PKT (passagers-kilomètres transportés). «Il faut néanmoins préciser que certains aéroports sont en panne de trafic avec, notamment, Bordeaux à qui il manque toujours 1,5 million de passagers par rapport au niveau de 2019 », explique Alain Battisti. «Il faut aussi rappeler qu'une bonne part du trafic affaires n'est toujours pas revenu, ce qui impacte plusieurs liaisons radiales en métropole, comme Paris-Marseille et certaines lignes d'aménagement du territoire. Sur certaines lignes, il risque d'y avoir une vraie reconfiguration de l'offre », précise-t-il.
Le fort retour de la demande se confirme pour les réservations de la saison hivernale. «Il y a, effectivement, des engagements de bonne qualité en particulier sur les liaisons long-courrier », confirme Marc Rochet, PDG d'Air Caraïbes et de French bee. «Il y a une envie de voyage très forte avec un retour de VFR («Visit friends and relatives » ou trafic affinitaire) et aussi une forte reprise de la clientèle touristique, notamment vers les destinations soleil ou les États-Unis. Il n'y a pas, non plus, de réticence à voyager due à certains messages politiques, notamment «l'avion bashing » qui reste très important, même si nous réitérons évidemment notre implication dans la nécessité de la décarbonation du secteur ». Néanmoins, certaines incertitudes continuent de peser sur l'avenir. «Même si nous sommes en train de sortir du double eet des deux ans de Covid-19 et de la crise économique, il y a encore des paramètres qui pèsent sur les opérations », poursuit Marc Rochet. «Il faut rappeler que le prix du carburant a pris 50% en un an. Et que le poste carburant était déjà, avant cette hausse, un poste très lourd dans les coûts des compagnies aériennes, soit environ 25%. Parallèlement, nous avons subi une hausse du dollar, car je rappelle qu'une grande partie de nos métiers se négocie en dollars. Je parle notamment du prix des coques avions, du carburant et d'une bonne partie de la maintenance ». Il faut aussi noter les eets de l'in¥ation générale qui ont fait remonter les coûts salariaux de l'ordre de 4 à 5%. «Nous avons aussi des eets induits dans la maintenance. Les problèmes liés au con¥it en Ukraine ont fait remonter le prix de certaines matières premières, comme le titane », ajoute Marc Rochet. «Pour absorber les effets de cette remontée des coûts, les compagnies aériennes vont certainement devoir, à nouveau, faire remonter leurs tarifs. Nous avons pu observer une augmentation globale de 15% environ et nous pensons que cette hausse devrait grimper jusqu'à environ 20%. Les compagnies aériennes ne peuvent, économiquement, pas trop aller au-delà car, globalement, les clients ont, pour l'instant, absorbé la hausse mais, sur certains axes, on observe des eets de frein. Sur la desserte des Antilles, on a pu remarquer que, cet été, les Antillais résidents aux Antilles ont moins voyagé en métropole ».