Aviation décarbonée : la feuille de route de l'aérien rendue publique
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En préambule, la feuille de route de décarbonation du secteur aéronautique français dresse l'état des lieux de l'empreinte environnementale du transport aérien en France. À l'échelle mondiale, en 2019, le transport aérien représentait 2,5% des émissions de CO2 d'origine humaine, soit 915 millions de tonnes. Un tiers des émissions provient des vols domestiques et deux tiers des vols internationaux. 80 % des émissions proviennent des vols de plus de 1 500 km. Le transport aérien a émis, sur le périmètre français domestique, 5,4 millions de tonnes de CO2. Les émissions de l'aérien domestique représentent 4 % des émissions du secteur des transports et 1,2 % des émissions de l'économie française. Les émissions mondiales de l'aviation sont en croissance continue en raison de la hausse continue du trafic. Néanmoins, les émissions unitaires, c'est-à-dire par passager et par kilomètre parcouru, ont drastiquement baissé. Elles ont été divisées par cinq depuis 1960 et par deux depuis 1992. Ces améliorations sont principalement dues aux progrès technologiques. Les différents modèles d'avions qui se sont succédé, ont généré entre chaque génération des gains d'efficacité énergétique de l'ordre de 10 à 15 %. La dernière génération d'avions et de moteurs consomme entre deux et trois litres aux 100 km par passager, voire moins de deux litres sur certains types de vols.
En octobre 2022, la dernière assemblée générale de l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) a adopté l'objectif « aspirationnel » de neutralité carbone (LTAG ou « Long Term Aspirational Goal ») pour l'année 2050. Dans le cadre du « Green Deal » européen, l'Union européenne s'est également fixée pour objectif de parvenir à la neutralité carbone en 2050, avec une étape intermédiaire en 2030 de moins 55 % d'émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) par rapport au niveau de 1990. Pour la France, l'article 301 de la loi du 22 août 2021, dite « Loi Climat et Résilience », prévoit l'établissement pour chaque filière fortement émettrice de GES d'une feuille de route. Cette feuille de route doit viser la coordination des actions mises en oeuvre par chacune des parties prenantes de la filière pour atteindre les objectifs de baisse de GES pour la stratégie nationale bas carbone intersectorielle (SNBC).