« Le retour à des avions de très grosses capacités est un vrai sujet »
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Ordinateurs quantiques à bord des avions, retour possible à des avions de très grande capacité, densification du ciel… C’est au tour de Didier Bréchemier, un autre très grand spécialiste du transport aérien de nous livrer ses réflexions sur ce que pourrait devenir le transport aérien international dans 60 ans.
« Pour se projeter à 60 ans, la première des choses à faire est de regarder comment le transport aérien était en 1960. A cette époque, nous avions des avions supersoniques qui étaient en test, puisque le Concorde est sorti en 1970 et quand nous voyons l’évolution des années 60 à aujourd’hui, de par la physique, il y a assez peu d’évolution. Il y a eu des améliorations incrémentales. Tout cela pour se mettre en perspective d’une vision très futuriste dans laquelle on aurait des formes d’avions très différentes, des propulsions très différentes… Après, il peut toujours y avoir des bons technologiques mais il faut quand même relativiser et reconnaître que finalement pour faire voler un avion il n’y a pas eu de révolution depuis 60 ans, même s’il y a eu de très fortes évolutions. Depuis l’avènement des avions à réaction et ensuite des avions supersoniques, nous n’avons rien trouvé de différent, qui pourrait être lié à la physique quantique par exemple.
Il y a quand même eu des évolutions très fortes avec des baisses de consommations, le pilotage beaucoup plus efficace de l’aérodynamisme, les nouveaux matériaux, l’automatisation de nombreux systèmes, l’amélioration permanente de la sécurité.
Les ordinateurs quantiques nous permettraient de, par exemple, adapter la voilure en phase de vol, la consommation, l’optimisation de l’utilisation d’avions dans une zone donnée pour fluidifier le transport aérien et donc consommer moins. On voit avec l’intelligence artificielle que des choses sont déjà en mouvement. Il est possible a priori que les premiers ordinateurs quantiques fonctionnent réellement d’ici 60 ans. Si on a ce « saut quantique », on arrivera à faire évoluer en temps réel les voilures en phase de vol parce qu’on aura les calculateurs qui nous permettront de le faire, un peu à la manière des avions de chasse qui sont très « instables » et qui sont en permanence « corrigés » parce qu’ils sont supersoniques. Même si on pourrait utiliser de nouveaux matériaux, plus résistants, plus légers, on reste encore sur de l’aérodynamique, de la thermodynamique et les lois de Newton ou de la chimie que l’homme, de par ses calculs et ses connaissances est capable de mettre en œuvre.