Congrès de la FNAM : faire rimer décarbonation et compétitivité
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La transition environnementale et la décarbonation ont occupé une bonne part de la première table ronde du Congrès de la FNAM qui s’est tenu dans le grand amphithéâtre de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) le 23 mai dernier. La thématique envrionnementale a aussi la totalité de la seconde table ronde, qui a réuni un panel de politiques spécialistes du sujet, c’est à dire Robin Reda, député Renaissance et ancien maire de Juvisy-sur-Orge (91), Alexandra Masson, députée Rassemblement National, Alexandre Ouizille, sénateur PS, Thomas Gourlan, conseiller régional Ile-de-France Les Républicains et ancien pilote, et Christine Arrighi, députée les Verts. Frédérik Jobert, secrétaire général adjoint à la Planification Ecologique a, de son côté, apporté son expertise statistique et scientifique sur le sujet.
« Le secteur aérien s’est engagé avec détermination dans la transition écologique. La FNAM a fortement contribué à l’élaboration de la feuille de route de transition écologique du secteur aérien. Un travail considérable a été accompli afin d’identifier les principaux leviers et les moyens à mobiliser pour atteindre nos objectifs de décarbonation. La réponse principale, environ 55% de l’effort total de décarbonation de l’aérien, tient en trois mots : Carburants Aéronautiques Durables. Avec deux exigences : une production suffisante d’une part et des coûts supportables pour les compagnies d’autre part », a commencé Pascal de Izaguirre, président de la FNAM (Fédération Nationale de l’Aviation et ses Métiers) lors de son discours d’ouverture du Congrès.
Et ce dernier n’a, d’emblée, pas mâché ses mots. « Force est de constater un flottement dans les travaux relatifs à la planification écologique. Nous ne percevons par ailleurs pas de signal encourageant quant au développement d’une filière de carburants aéronautiques durables en France au-delà des 200 millions d’euros consacrés à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) annoncés au Bourget par le Président de la République en juin 2023 », a-t-il remarqué. « Or, la crédibilité du secteur aérien à se décarboner sera jugée à l’aune de notre capacité à incorporer 20% de CAD à l’horizon 2035 comme cela est prévu par le règlement européen ReFuel EU Aviation. Il devient urgent que les pouvoirs publics français décident d’une stratégie sur le sujet comme c’est le cas au Royaume-Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas ou aux Etats-Unis. Nous saluons le modèle américain qui privilégie une fiscalité et une réglementation incitatives, là où la logique est chez nous, punitive et coercitive. Kissinger avait coutume de dire « L’Europe, quel numéro de téléphone ? ». Je le paraphraserais aujourd’hui volontiers : « Les CAD en France, quel numéro de téléphone ? ». Manquent donc une ambition, des plans d’actions et un maître d’œuvre. Enfin, j’ajouterai que nous avons parfois le sentiment que certains, s’accommoderaient volontiers de scenarii de décroissance de l’aérien pour parvenir à l’objectif de décarbonation, et qu’il conviendrait, pour ce faire, d’accroitre la taxation de l’aérien et les contraintes, afin de casser la dynamique du trafic », a laissé entendre Pascal de Izaguirre.