Alliances aériennes globales : la grande valse continue
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Alors que la compagnie scandinave SAS a annoncé le 27 août sa sortie de la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites (l'équivalent de notre procédure de redressement judiciaire, qui permet à une compagnie aérienne de se restructurer en étant à l'abri des demandes des créanciers), Air France-KLM a finalisé le 29 août sa prise de participation de 19,9% dans le capital de SAS.
Parallèlement à la finalisation de cette transaction financière, le groupe franco-néerlandais et le transporteur scandinave ont conclu des accords de partages de code et de commercialisation interlignes afin de connecter les hubs et les réseaux respectifs. Tous ces accords sont entrés en vigueur le 1er septembre, date à laquelle SAS a fait son entrée officielle dans l'alliance SkyTeam. La transaction qui fait entrer Air France-KLM dans le capital de SAS s'est faite dans le cadre d'un consortium d'investisseurs, qui comprend également Castlelake L.P, Lind Invest ApS et l'Etat danois. Pour prendre sa participation, Air France-KLM a investi un total de 144,5 millions de dollars. Depuis le 1er septembre, les passagers d'Air France et de KLM ont donc accès à un total de 33 destinations en Europe du Nord et les Etats-Unis via les hubs de SAS de Copenhague, Oslo, et Stockholm. Les passagers de SAS ont aussi un accès à 33 destinations en Europe et au-delà via les hubs d'Air France et de KLM à Paris CDG et Amsterdam-Schiphol. Les accords prévoient aussi des réciprocités de gains de miles pour les adhérents au programme FlyingBlue (SkyTeam) et EuroBonus (SAS).
Du côté de Star Alliance, c’est vers l’Italie que la plus ancienne alliance globale va logiquement grossir dans les prochaines semaines. En effet, après de longues années de revirements et de tergiversations, le rapprochement avec le groupe Lufthansa, dont le rachat de 41% du capital d’ITA Airways a été validé par la Commission Européenne, est enfin finalisé. Par conséquent, la sortie de SkyTeam d’ITA Airways et une adhésion officielle à Star Alliance devrait être une question de mois, voire de semaines. Du côté de oneworld, l’adhésion officielle de Oman Air serait à présent « imminente ». Il y a deux ans de cela, la compagnie omanaise avait annoncé son intention d’intégrer l’alliance réunie autour d’IAG et American Airlines, avec le parrainage de Qatar Airways, dont Oman Air est un partenaire important. Il y a deux ans, l’adhésion d’Oman Air à oneworld avait annoncé pour la seconde moitié de l’année 2024. Rappelons que Oman Air est la deuxième compagnie du Moyen-Oriebt à intégrer oneworld après Qatar Airways et Royal Jordanian, tandis que pour l’instant, Etihad Airways et Emirates ont plutôt fait le choix du multilatéralisme et continuent à opérer de manière indépendante. Pour rappel, Oman Air dessert un total de 41 destinations vers une vingtaine de pays et elle exploite une flotte de 40 appareils incluant des Boeing 737 et 787, et des Airbus A330. Elle dessert déjà cinq hubs d’autres membres de l’alliance oneworld : Amman, Colombo, Doha, Kuala Lumpur, et Londres-Heathrow. Plus globalement, le réseau d’Oman Air est développé vers l’Asie du Sud-Est (Bangkok et Kuala Lumpur), le sous-continent indien (Inde, Pakistan, Bangladesh, Népal) et l’Afrique du Nord. En 2025, cela sera au tour de Fiji Airways de devenir le 15eme membre officiel de l’alliance oneworld. Une adhésion somme toute logique puisque la compagnie aérienne du Pacifique est depuis cinq ans un membre « affilié » de l’alliance, c’est à dire une compagnie de « deuxième cercle » et qu’elle a conclu des liens de coopération et des partenariats avec l’ensemble des membres de l’alliance oneworld. Fiji Airways dispose d’une flotte de 21 avions, dont des Airbus A350, des Airbus A330 et des Boeing 737. Au-delà de son réseau intérieur fidjien, la compagnie ouvre des nouveaux horizons à l’alliance avec son réseau régional vers l’archipel des Tonga, les Samoas, Tuvalu et Vanuatu. En revanche, en Europe, la tentative de prise de contrôle de la compagnie espagnole Air Europa par IAG, s’est soldée par un échec, après cinq ans d’aller et retours, consécutifs notamment à l’impact de la crise sanitaire mondiale. Au début du mois d’août, IAG a annoncé qu’elle renonçait au projet en raison du « contexte réglementaire actuel » européen, qui faisait que l’opération « ne serait pas bénéfique pour les actionnaires ». Il semblerait que les concessions exigées par la Commission européenne à IAG, qui détient déjà une position très forte en Espagne et vers l’Amérique Latine grâce à Iberia, aient été trop importantes. Air Europa reste donc jusqu’à nouvel ordre au sein de l’alliance SkyTeam, ce qui est une bonne nouvelle alors que le dossier de la privatisation de TAP Air Portugal, pour lequel Air France-KLM, un des leaders de l’alliance, s’est plusieurs fois clairement positionné, est pour l’instant au point mort.