Transcontinental : le low cost long-courrier a le vent en poupe
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De fortes interrogations ont toujours agité l’éventualité que le modèle low cost long-courrier devienne un très fort concurrent du modèle d’exploitation des lignes traditionnelles. En 2007, c’est déjà AirAsia X, la filiale long-courrier du groupe AirAsia qui avait été créée et avait lancé ses premiers vols vers l’Europe en mars 2009, d’abord vers Londres, puis deux ans plus tard vers Paris. L’expérience avait été rapidement abandonnée fin mars 2012, en raison notamment de l’envolée des prix du pétrole et des taxes trop élevées. Le 4 juin 2012, c’est au tour de Singapore Airlines d’avoir lancé sa propre filiale low cost long-courrier, baptisée Scoot Airlines. A l’époque, à l’image d’AirAsia X, la compagnie avait annoncé un fort développement vers plusieurs capitales européennes dont Paris CDG. Le moins que l’on puisse dire, c’est que, après douze ans d’existence, les ambitions initiales, au moins en termes de réseau, ont été largement revues à la baisse puisque, hors de la région Asie et du sous-continent indien, les seules liaisons très lointaines qui ont été ouvertes par Scoot sont Djeddah (Arabie Saoudite), Athènes (Grèce) et Berlin (Allemagne). Là encore, c’est aussi les coûts d’exploitation très élevés et le prix du carburant qui avaient été mis en avant pour justifier le redimensionnement des ambitions de développement de la filiale low cost long-courrier de Singapore Airlines.
Malgré, ces tentatives timides ou infructueuses, le lancement de lignes long-courrier low cost intercontinentales est toujours resté dans les plans des compagnies aériennes. L’avènement de nouveaux avions, comme les Airbus A321LR (Long Range, ou « à long rayon d’action) ou XLR (Extra Long Range ou « à très long rayon d’action) a redonné de la vigueur aux velléités d’ouvertures. En effet, des avions présentant des modules plus petits permettent beaucoup plus de souplesse d’exploitation, en jouant sur l’effet fréquence plus que sur les effets volumes des avions long-courriers plus classiques, mais présentant des capacités beaucoup plus importantes et plus difficiles à gérer en termes de remplissages et de recette unitaire.
Symboliquement, c’est du côté du groupe AirAsia que de nouvelles ambitions de développement de réseau sont apparues sur le secteur du long-courrier intercontinental. A la fin du mois de février, à l’occasion d’une visite de Christian Scherer, directeur général de la divison Avions Commerciaux d’Airbus, le groupe AirAsia a dévoilé un plan d’expansion de son réseau, en ayant pour objectif de devenir la première compagnie low cost du monde dans les dix ans, en s’appuyant sur sa stratégie multi-hub, avec la Malaisie, et ses filiales en Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines et au Cambodge. « Nous sommes impatients d'élargir notre flotte de fuselages étroits avec l'introduction de l'A321XLR et d'explorer les opportunités avec l'A321LR, qui remplacera progressivement notre prédécesseur, l'A320, au cours des prochaines années, depuis nos hubs clés, notamment Kuala Lumpur, Bangkok, Jakarta, Manille et plus. Ces avions de nouvelles spécifications permettront une plus grande flexibilité sur les routes court et moyen-courriers existantes et une expansion du réseau vers des endroits où nous n'avons jamais volé auparavant, y compris vers des marchés secondaires passionnants tels que l'Asie du Nord, l'Australie et l'Asie centrale depuis l'Asie du Sud-Est », avait à cette occasion expliqué Tony Fernandes, le patron du groupe AirAsia. "Avec notre flotte de gros porteurs Airbus A330, y compris l'introduction de l'A330neo, nous cherchons également à étendre notre réseau moyen-long-courrier sur le continent européen, vers des villes comme Londres, Paris, Amsterdam, Bratislava, Barcelone, Copenhague, l'Afrique ( Le Caire, Nairobi, Le Cap), la côte Est de l’Amérique du Nord (New York, Miami, Toronto) via l’Europe et la côte Ouest de l’Amérique du Nord (San Francisco, Los Angeles, Vancouver) via le Japon », a-t-il ajouté. Notre engagement envers Airbus n’a jamais faibli, même pendant la pandémie. En tant que l'un de leurs plus gros clients, nous avons un carnet de commandes de 647 avions comprenant 612 appareils de la famille A320 et 35 de la famille A330, ainsi que 362 A321neo, 20 A321XLR et 15 A330neo supplémentaires à livrer au cours de la prochaine décennie, alors que nous visons une croissance plus grande que jamais dans le futur ». AirAsia va ses livraisons d'Airbus A321neo cette année, conformément aux prévisions de forte demande, à commencer par la première livraison post-pandémique qui a eu lieu en juin. Il est important de noter qu'AirAsia sera l'un des plus grands exploitants de ce nouvel avion à fuselage étroit, à plus long rayon d'action, et plus économe en carburant.