Pilote de C-130, ancien porte-parole adjoint de l’état-major des armées et commandant la base aérienne projetée de Niamey, le général Guillaume Thomas est désormais second du commandement aérien allié (Aircom) au sein de l’Otan, basé à Ramstein (Allemagne). Il livre à Air & Cosmos sa vision de l'évolution des tensions à l'est de l'Europe, et revient sur la destruction d'un drone par des Rafale début juin.Comment deux Rafale en ont été obligés d'intercepter, puis de détruire un drone inconnu au-dessus de la Lettonie, le 8 juin ?
Ce 8 juin, effectivement, deux Rafale ont décollé sur alerte depuis la base de Šiauliai en Lituanie à la suite de la détection d’un drone d’origine inconnu entré dans l’espace aérien letton, sans aucune autorisation, ni a fortiori de plan de vol. Conformément aux règles d'engagement, nos aéronefs ont neutralisé très rapidement ce drone qui pouvait constituer une menace pour les infrastructures ou la population lettones. Ce n’est pas une première, puisque le 19 mai des F-16 roumains avaient déjà neutralisé, dans l’espace aérien estonien cette fois-ci, un drone ayant également pénétré sans autorisation. Ces exemples récents démontrent la capacité de la composante aérienne de l’Otan à réagir sans délai pour contrer toute menace dans l’espace aérien des pays de l’alliance et garantir leur souveraineté.
Quelle séquence a été suivie ? C’est le poste de commandement d’Uedem (Allemagne) qui a donné l’ordre de tir ?
Uedem est un de nos trois centres de commandement et de contrôle des opérations aériennes (CAOC). Dans l’Otan, c'est lui qui a la responsabilité de la défense aérienne de la zone baltique. Nous disposons aussi d’un CAOC à Torrejón en Espagne et d’un autre en Norvège à Bodø, qui nous a rejoints en octobre 2025. C’est ce dernier centre de commandement et de contrôle (C2) qui dirige l’exercice Ramstein Flag.
Il faut retenir de ces séquences l’efficacité et la rapidité avec laquelle la chaîne de commandement et de contrôle Air a pu réagir pour que les équipages puissent in fine intervenir dans un cadre parfaitement légal et en prenant en compte l’environnement complexe de la zone à proximité de frontières, de villes, de populations. C’est toute la force de la composante aérienne de l’Otan de permettre ce type d’engagement complexe.