Malgré l’agitation actuelle autour du transport aérien, l’industrie aéronautique ne cesse de se projeter, notamment vers la prochaine génération d’avions commerciaux. Celle-ci va mobiliser nombre de nouvelles compétences, avec l’hybridation et l’électrification des systèmes autant que des aéronefs. D’où la nécessité d’attirer les meilleurs talents.Ni Airbus, ni Boeing, ni Embraer n’ont encore lancé un nouveau programme d’appareil de nouvelle génération. Pourtant, toute l’industrie aéronautique s’y prépare déjà activement. À cette fin, les ressources humaines vont constituer un élément essentiel, qu’il s’agisse d’ingénieurs spécialisés, de techniciens hautement qualifiés ou autres spécialistes. D’après le Bureau des statistiques du travail américain, les perspectives d’emploi pour les ingénieurs aérospatiaux sont prometteuses : avec une croissance prévue de 6 % entre 2024 et 2034, elles sont même supérieures à la moyenne de toutes les professions. Cela se traduit par environ 4 400 postes à pourvoir chaque année outre-Atlantique.
25 000 personnes tous postes confondus
En France, la filière aéronautique a embauché environ 25 000 personnes, tous postes confondus, au cours de chacune des deux dernières années, pour répondre aux enjeux de montée en cadence, mais aussi de préparation de l’avenir. Si le secteur continue de faire rêver – puisque selon le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas) plus d’un jeune sur deux (58 %) voit le secteur comme porteur d’opportunités de carrière, des défis persistent notamment en matière de féminisation et de connaissance des métiers.
Face à la concurrence
L’enjeu est de répondre à la demande des industriels, qui cherchent à se renforcer en quantité, mais qui souhaitent également intégrer de nouvelles compétences. Il s’agit ainsi d’identifier et d’attirer les bons profils pour la conception des nouvelles générations d’avions, qui seront fondamentalement différentes en termes d’architecture et de technologies. Ne serait-ce qu’avec le développement de l’ingénierie numérique et l’introduction de l’intelligence artificielle. L’appareil monocouloir de nouvelle génération, désigné NGSA, qui doit arriver au cours de la prochaine décennie chez Airbus et Boeing, illustre cette évolution drastique (voir encadré).