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Du porte-avions aux drones, le BEA-É renforce la sécurité des vols

Photo de Jean-Marc Tanguy

Jean-Marc Tanguy

Publié le 14 juillet 2026 à 14:00

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Les équipes du BEA-É sont déployées partout dans le monde.

Les équipes du BEA-É sont déployées partout dans le monde.

©Thomas BRUNO/Marine Nationale/Défense - Thomas BRUNO

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N2978 ● 10 juillet 2026

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Accident après accident, le Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État (BEA-É) montre à quel point son travail est essentiel.

Ses rapports d’enquête, consultables sur Internet, se lisent comme des romans policiers. Il n'y a pourtant aucune fiction ici. Les accidents sont analysés par des enquêteurs qui doivent en déterminer toutes les causes, tout en sachant que leurs mots toucheront les navigants, les frères d’armes et les familles. 

Dirigé depuis le 1er août 2025 par le général Jean-Paul Besse, le BEA-É emploie 25 personnes, dont trois techniciens d’investigation et 10 directeurs d’enquête. Le BEA-É suit actuellement 23 dossiers, dont 14 ouverts depuis janvier. Il vient de publier ses conclusions sur la collision mortelle de deux Rafale en 2024 ainsi que sur l’incident de deux Alpha Jet de la Patrouille de France en 2025. Il a aussi lancé ses limiers dans la compréhension de l’accident mortel d’un hélicoptère de la gendarmerie. Il est en opération permanente, comme nous l’a expliqué Amaury, un des deux directeurs d'enquêtes civil du Bureau. Un entretien inédit qui permet de mieux mesurer le quotidien de ces personnels.

Une organisation rodée

À 36 ans, cet ingénieur a travaillé une dizaine d’années chez Airbus Helicopters et Safran en conception et développement, et notamment sur les processus de certification et de navigabilité. L’autre civil est un ingénieur détaché de la Direction générale de l’armement (DGA). Il a rejoint le Bureau il y a quatre ans, comme enquêteur de sécurité, et a déjà participé à six enquêtes. « L’enquêteur n’est pas désigné sur les compétences techniques de son passé et de sa formation, mais pour la conduite d’une enquête technique, et chacun d’entre nous en mène deux à trois simultanément [jusqu’à cinq il y a quelques années] », explique-t-il. Ce qui l’a amené à travailler avec une large palette d’experts de la DSAÉ, de la DMAé, du SIAé, de la DGA, de l’Onera, des opérateurs (armées, douanes, sécurité civile, gendarmerie), des constructeurs et des équipementiers. Il a également eu des interactions avec les enquêtes de commandement et les enquêtes judiciaires. La première a lieu sur un temps très court. L’enquête judiciaire est quant à elle, réalisée par la section de recherches de la gendarmerie de l’air. Et pour « éviter les doublons », des procédures et analyses sont menées pour un profit commun avec le BEA-É, même si chacune reste indépendante.

Jean-Marc Tanguy

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