SCALP : Arme de choix pour Chammal
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

La France a réalisé 13 frappes avec des missiles SCALP
Etat Major des Armées
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

La France a réalisé 13 frappes avec des missiles SCALP
Etat Major des Armées
Article publié le 19/05/2017 dans le numéro 2548 d'Air & Cosmos.
Le 2 avril 2017, un site de production d'engins explosifs de Daech se trouvant à la frontière irako-syrienne est touché par dix missiles Scalp français tirés depuis des Rafale. Quelques instants plus tard l'objectif est de nouveau frappé, cette fois-ci par des bombes guidées tirées par des chasseurs F-16 et F-18 de la coalition. L'ensemble de l'attaque est filmé depuis un ATL2. Deux Rafale Marine viendront compléter l'évaluation des dégâts. Résultat : le site a été totalement détruit.
DES DIZAINES DE TIRS. Il ne s'agit là que de l'une des nombreuses missions effectuée par les forces françaises en employant le missile Scalp depuis le début de l'opération Chammal. Ce missile de croisière, baptisé Storm Shadow au Royaume-Uni et à l'export, a été développé par MBDA. Sa masse est de 1300 kg et il bénéficie d'un guidage GPS, inertiel ou par suivi de terrain. Officiellement la portée du Scalp est supérieure à 400 km. L'arme est particulièrement efficace contre les objectifs durcis, d'autant que sa trajectoire et son angle de pénétration sont entièrement programmables.
Le Scalp a été employé pour la première fois en Libye au cours de l'opération Harmattan. Le premier raid avait alors été conduit le 23 mars 2011 par des Rafale Air et Marine et des Mirage 2000D contre l'aérodrome d'Al-Jufra situé à 250 km de la côte méditerranéenne.Au final, durant cette opération, seuls trois raids seront conduits avec le missile de croisière de MBDA. L'opération Chammal correspond à une certaine banalisation de l'emploi du Scalp. Plusieurs dizaines de missiles ont été tirés depuis le premier raid annoncé le 15 décembre 2015. Les Rafale basés aux Emirats arabes unis ont tiré à eux seuls plus d'une trentaine de Scalp, mais des missions ont aussi été conduites depuis la Jordanie et le porte-avions « Charles de Gaulle ». Cette opération a permis à l'armée de l'Air et à la Marine nationale de gagner fortement en expérience dans l'emploi de cette arme stratégique. Dans un conflit de haute intensité, le Scalp permettrait aux chasseurs le mettant en œuvre de rester à distance de leur cible et de ne pas entrer dans le volume des défenses sol-air ennemies. Au Levant, c'est surtout la capacité de pénétration du Scalp qui est un atout pour détruire des cibles durcies, c'est-à-dire enterrées ou blindées. La précision et la trajectoire de l'arme permettent également de frapper les cibles en limitant les dégâts collatéraux. Une seule fois, le 1er février 2106, l'état-major des Armées a annoncé qu'un de ces missiles n'avait pas atteint sa cible. L'engin s'était écrasé dans un espace apparemment vierge d'habitations.