Le 22 juin, l'OTAN a publié un communiqué concernant les dépenses de défense des pays membres entre 1995 et 2015. Si le premier tableau montre une nette augmentation (on passe de 472 284 millions de dollars en 1995 à 892 738 millions en 2015), cette hausse peut être nuancée, notamment au regard du PIB.
Si l'on prend les pays membres de l'OTAN dans leur ensemble et qu'on ne regarde que les dépenses de défense, on constate qu'elles ont été croissantes sur la période 1995-2015. Ainsi sur le continent américain on est passé de 287 933 millions de dollars à 665 565 millions, et en Europe de 184 352 millions de dollars à 227 173 millions. Néanmoins il faut être prudent face à l'évolution européenne car la République Tchèque, la Pologne et la Hongrie ont rejoint l'alliance en 1999, la Bulgarie, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Slovénie et la Slovaquie en 2004 et l'Albanie et la Croatie en 2009. De plus cette hausse ne se retrouve pas pour tous les pays. La Belgique et l'Allemagne, par exemple, ont réduit leur dépense sur la période.
Pour avoir une vision globale de l'évolution des dépenses de Défense, il faut regarder ces chiffres par rapport au PIB. Si l'on prend les pays européens de l'OTAN, on constate que la part des dépenses dans le produit intérieur brut a baissé, passant de 2% du PIB à 1,5%. Mise à part la Pologne, rare sont ceux ayant connu une augmentation. Du côté américain, il y a eu une légère hausse de 0,3 point.
Si l'on analyse les dépenses de Défense par habitants, on peut faire le même constat. Elles sont en baisse, à l'exception des Etats-Unis qui sont passés de 1 535$/habts à 1 864.
Enfin au niveau de la répartition des dépenses, on constate plusieurs tendances. La plupart des pays dernièrement entrés dans l'Alliance ont augmenté leurs dépenses en personnel, à l'inverse des autres. Les dépenses dédiées aux équipements sont restées plus ou moins stables sur la période. Celles concernant les infrastructures sont aussi en baisse, à l'exception de la Pologne (on passe de 2,2% à 5,1%). Cette particularité peut s'expliquer par la volonté de réarmement de Varsovie qui craint une invasion russe depuis le conflit ukrainien.