Nouvel échec pour le missile nucléaire russe Boulava
Rédaction Air & Cosmos
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Le ministère de la défense russe a confirmé ce matin l'échec du dernier tir en date du missile intercontinental RSM-56 Boulava, qui a eu lieu le 6 septembre à 7h20, heure de Paris. Selon des informations rapportées par l'agence de presse russe RIA Novosti, l'engin aurait subi un dysfonctionnement majeur deux minutes après son éjection (réussie) du sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) "Alenxadre Nevski", deuxième de la nouvelle classe 955/Boreï spécialement conçue pour emporter le Boulava. Le submersible était en plongée dans la mer Blanche sur le polygone d'essais de Koura, au Kamtchatka.
Le ministre russe de la défense aurait donc décidé de "suspendre les essais" des SNLE "Alexandre Nevski" et "Vladimir Monomakh", dans l'attente des conclusions d'une commission d'enquête ad hoc. Ces bâtiments ne devraient donc pas être opérationnels avant 2014 au mieux. Par ailleurs, Moscou aurait décidé de mener cinq lancements supplémentaires du Boulava afin de vérifier ses performances techniques.
En développement depuis 1998, le Boulava est dérivé du Topol-M et doit pouvoir emporter six ogives sur une portée maximale d'environ 10.000 km. Ce missile de 36 tonnes à trois étages a subi un développement long et complexe : huit tirs ratés ou partiellement réussis ont été enregistrés entre 2006 et 2009. Trois succès consécutifs furent ensuite observés en octobre 2010, juin et août 2011. Le 23 décembre 2011, deux missiles étaient tirés en salve avec succès, permettant ainsi à Moscou de valider le Boulava pour emploi opérationnel… jusqu'à l'échec du 6 septembre 2013.
A terme, la marine russe ambitionne de se doter de trois SNLE Projet 955 ainsi que cinq Projet 955A qui pourraient chacun emporter 16 missiles Boulava. Les 955A seront toutefois dotés d'un système de combat plus évolués.
Le 5 mai 2013, c'est un missile M51.1 tiré depuis le SNLE français "Le Vigilant" qui était auto-détruit en vol quelques dizaines de secondes après son lancement, lors de la combustion du premier étage. Un revers majeur pour ce programme qui s'était jusqu'alors déroulé sans accrocs, même si Paris s'est efforcé d'en minimiser les conséquences sur la posture de dissuasion française. Depuis l'accident, aucun nouveau commentaire n'a été fait par le ministère de la Défense.
Rédaction Air & Cosmos