L'A400M va défiler au dessus des Champs Elysées sans avoir été livré
Rédaction Air & Cosmos
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Cela pourrait s'apparenter à un "running gag", sauf que ça ne fait plus rire grand monde : la livraison du premier A400M à l'armée de l'Air. Il n'y a encore pas si longtemps, on l'envisageait pour la fin de l'année 2012, voire "au plus tard pour début 2013". Puis cette échéance a glissé à fin mai ou "au plus tard début juin". Puis cela a été "avant le salon du Bourget", pour au final de nouveau glisser à "avant le 14 juillet". Désormais, l'armée de l'Air évoque laconiquement une livraison "dans le courant de l'été", ce qui repousse potentiellement à septembre, l'arrivée de ce premier "Atlas" dans les forces françaises.
Pour autant, que les aficionados du quadrimoteur d'Airbus Military se rassurent : il est bien prévu qu'un A400M défile ce dimanche au dessus de la capitale pour les festivités du 14 juillet. C'est d'ailleurs lui qui ouvrira le défilé aérien, juste après la Patrouille de France, au coté d'un Rafale et d'un Eurofighter allemand, afin de célébrer la coopération franco-allemande.
Quel exemplaire défilera ? Logiquement, cela devrait être MSN 007 ou MSN 008, les deux premiers exemplaires de série portant la cocarde tricolore. Pour autant, il se pourrait bien que ce soit l'un des cinq avions de développement, appartenant à Airbus Military, qui soit la vedette ce dimanche...
Pourquoi ? Tout simplement parce que MSN 007 et 008 sont actuellement engagés dans le délicat processus de réception qui se joue entre le constructeur européen, la DGA, et l'Occar. "C'est la dernière étape du processus de réception qui est la plus difficile. Concrètement, la DGA vérifie minutieusement que l'avion est bien conforme aux spécifications notifiées dans le contrat. Cela va des performances en vol au moindres petits défauts de structure, voire de peinture", avait-on indiqué à Air & Cosmos, lors du dernier Salon du Bourget.
Faut-il en conclure qu'il y a un problème ? Pas forcement. "Fatalement c'est long, car ce processus se fait sous une forme nouvelle et la DGA veut que tout soit en conformité", poursuit cette source. En effet, est-il encore nécessaire de rappeler que l'A400M est un avion d'un genre nouveau, puisque développé avec une approche commerciale. Pour mémoire, le contrat A400M (datant de 2003 et amendé en 2010) est un contrat à phase unique couvrant à la fois le développement et la livraison de 174 machines. C'est quelque chose de tout à fait inédit dans le monde de l'aviation militaire.
Conséquence : l'industriel est le seul responsable des retards (pour lequel il doit payer des pénalités), tandis que l'acheteur militaire est tenu d'agir comme un "client civil" scrupuleux du moindre détail, vu qu'il s'est engagé contractuellement à acquérir un grand nombre d'avions. Et l’occurrence, ce "client civil" c'est la DGA, qui a aujourd'hui la lourde tâche de donner ce tout premier coup de tampon "bon pour livraison" au méga-contrat A400M. Tout cela, évidemment, sous l'oeil, discret mais toujours présent, de l'Occar, qui gère ce méga-programme militaire et qui en réfère à l'Agence Européenne de Défense, qui elle même en réfère à l'Union Européenne...
Bref, la pression n'épargne personne. Et certainement pas les aviateurs français, qui rongent leur frein en attendant le feu vert des ingénieurs de l’armement. Car l'armée de l'Air s'est fixé des objectifs qu'elle n'envisage pas, pour l'heure, de modifier. Le premier, c'est la remise de ce premier A400M à la Mest (Multinational Entry Service Team), l'équipe de marque "A400M" du CEAM. Ensuite, il s'agira début 2014 de mettre un premier avion à disposition de l'EATC (Commandement Européen du Transport Aérien). Logiquement, à ce moment là, la France devrait avoir déjà reçu trois avions. Enfin, dans le courant de l'année prochaine, probablement en septembre 2014, un premier A400M sera remis à son premier escadron opérationnel, l'ET 1/61 Touraine.
Reste à espérer que ce nouveau glissement ne fera pas voler en éclat toutes ces prévisions...
Rédaction Air & Cosmos