Londres revient au F-35B
Rédaction Air & Cosmos
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C'est un sérieux coup porté aux ambitions de coopération franco-britannique, du moins dans le domaine aéronaval. Londres vient d'officialiser son choix de revenir à la version à décollage court et atterrissage vertical (Stovl) du F-35, après avoir annoncé en 2010 son intention d'abandonner cette dernière au profit du F-35C, mis en oeuvre sur des porte-avions dotés de catapultes et de brins d'arrêt.
Raison invoquée: la maîtrise des coûts, évidemment. Selon le MoD, la transformation du porte-aéronefs "Queen Elizabeth" en porte-avions à catapulte coûterait désormais 2 Md£, contre une estimation initiale d'1Md£. Des coûts auxquels il faut ajouter un chantier très long, qui repousserait "à 2023 au plus tôt" la mise en service d'un groupe aéronaval embarqué aux couleurs anglaises.
Ce faisant, Londres balaie d'un revers de main les annonces faites au moment de la publication de sa revue de défense et de sécurité (SDSR) de 2010, et de la déclaration de coopération franco-britannique faite à Lancaster House la même année. Le Royaume-Uni déclarait alors que l'achat du F-35C et d'un porte-avions conventionnel garantirait une interopérabilité entre les marines française et britannique, permettant par exemple aux Rafale d'opérer depuis le bâtiment de la Royal Navy. Et garantissant par là même une permanence à la mer des aéronavales des deux pays, qui disposeraient à tout moment d'un porte-avions disponible.
Dans son communiqué publié en début d'après-midi, le MoD précise toutefois qu'il bénéficiera maintenant d'une "interopérabilité totale" avec l'US Marine Corps et la marine italienne, qui ont tous deux fait le choix du F-35B. Londres se félicite même des progrès dans le développement de cette version, s'attendant à pouvoir entamer les essais de l'appareil à bord de son porte-aéronefs en 2018. Un premier F-35B sera livré dès cet été à Londres pour expérimentation.
On rappelera brièvement les critiques formulées en 2010 par la Grande-Bretagne à l'encontre du F-35B - dont on ne sait toujours pas combien d'exemplaires au total commandera Londres : ce dernier était explicitement décrit comme présentant un rayon d'action, une capacité d'emport et une polyvalence inférieurs au F-35C, et ce pour un coût global jugé supérieur...
Rédaction Air & Cosmos