Des Rafale qataris basés en Turquie pour pouvoir les analyser : les termes de l'accord révélés
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Depuis plusieurs années, la force aérienne turque est en attrition sévère : outre le départ forcé de 680 des 1350 pilotes de chasse du pays lors des purges ayant suivi le coup d’État raté de 2016, la Turquie subit un quasi embargo américain depuis son acquisition de systèmes de défense sol-air russes S-400 et son implication décriée dans les conflits en Libye, en Syrie et contre l'Arménie. Outre la très médiatisée interdiction d'acquérir les cent avions de 5ème génération F-35 prévus, le pays est dans l'incapacité de porter sa flotte de F-16 vieillissante au dernier standard ou d'en assurer pleinement la maintenance, et le développement de son avion de combat domestique TF-X, déjà difficile, ralentit encore sous le coup des restrictions. Alors que l'avion devait à l'origine être opérationnel dès 2023, la date de premier vol de son prototype a encore été repoussé de deux ans et n'est plus attendu avant 2025 ou 2026. Une admission au service actif avant 2032 semble désormais plus qu'utopique. Les projets d'Ankara d'acheter des F-16 neufs et d'en moderniser plusieurs dizaines, contrepartie demandée pour compenser les fonds avancés pour l'achat du F-35, patinent pour l'instant...
A contrario, les principaux compétiteurs de la Turquie dans la région que sont la Grèce, l'Egypte, mais aussi les Emirats, ont pu porter leurs F-16 au dernier standard et ont tous acquis des Rafale, plaçant la Turquie en situation d'infériorité pour au moins une décennie. L'option d'un partenariat industriel avec la Russe, que beaucoup d'observateurs considèrent comme une porte de sortie possible, est rendue difficile par la proximité turque avec l'Ukraine (fourniture de drones TB-2, développements de matériels communs...) ou son engagement frontal contre le régime de Bachal el-Assad, allié de Moscou dans la région. L'approfondissement du partenariat avec la Russie impliquerait par ailleurs de renoncer à toute capacité d'assurer la maintenance de l'ensemble des matériels détenus par la Turquie, tous d'origine occidentale, des navires aux chars en passant par les hélicoptères. Sans compter l'effondrement probable de l'économie turque dans cette hypothèse, la devise nationale ayant déjà perdu 60% de sa valeur face au dollar américain depuis janvier 2021.