Le ministre de l’intérieur pakistanais Sheikh Rashid Ahmed a annoncé l’achat de chasseurs J-10C chinois en réaction à la montée en puissance du Rafale dans la flotte de l’Armée de l’Air indienne.
Une montée en puissance de la PAF
Fin avril, l’état-major pakistanais laissait supposer qu’Islamabad voulait se doter du chasseurs J-10C de génération 4.5 pour rivaliser avec l’arrivée progressive des Rafales indiens. L’officialisation de l’acquisition est arrivée le 29 décembre par ministre de l’intérieur Sheikh Rashid Ahmed : un escadron pakistanais de 25 de ces chasseurs survolera la capitale pour la fête nationale dès le 23 mars 2022. Ce nombre étonne : s’agit-il d’appareils prélevés sur les stocks de l’armée de l’air chinoise, ou d’une production dédiée qui aurait commencé il y a plusieurs mois ? Très peu d’informations sont aujourd’hui disponibles quant au nombre final de chasseurs, le montant du contrat, ou même sur les équipements disponibles (la Chine acceptera-t-elle d’exporter la dernière version de tous ses matériels) ou encore la motorisation, des réacteurs russes ou chinois étant adaptables sur l’appareil…
Les premiers J-10 équiperont sûrement le 15ème escadron
Le 50ème escadron « Saf Shikans » a été réactivé le 17 décembre pour y transférer les vieux Mirage 5 du 15ème escadron « Cobras ». Il est donc fort probable que ce 15ème escadron soit prochainement équipé de J-10, basés sur l’aérodrome militaire Rafiqui de Shorkot. Une affectation stratégique pour le Pakistan compte tenu de sa localisation : elle se trouve à moins de 200km de la frontière indienne, à 600km du plateau du Ladakh où la tension entre l’Inde et la Chine est intense, mais aussi à 500km de la base aérienne indienne d’Ambala où stationnent les Rafales indiens du 17ème escadron « Golden Arrows ».
Une escalade des tensions entre l’Inde et ses adversaires
Des liens forts unissent la Chine et le Pakistan, tous deux rivaux de l’Inde, se traduisant par des transferts de matériels militaires, le codéveloppement du petit chasseur monomoteur JF-17 (masse maximale à 11 tonnes) par Chengdu Aircraft Industries Corporation et l’industrie pakistanaise, la formation et la tenue d’exercices interalliés importants comme « Shaheen » qui se déroule tous les ans entre les armées de l’air des deux pays... L’objectif commun est de tenter de rétablir un équilibre des puissances, l’Inde ayant déjà prouvé sa capacité à agir jusqu’en profondeur dans territoire pakistanais grâce à ses Mirage 2000 lors du raid de Balakot mené en 2019.
Le J-10C, une claire montée en gamme pour le Pakistan
Le J-10C offre de nombreux avantages par rapport à la flotte de Dassault Mirage III et Mirage 5, de F-16 de première et deuxième génération, et du JF-17. Alors que les J-10 A/B souffraient de nombreuses limitations, le J-10C est un véritable appareil multimissions de génération 4.5. D’une masse maximale estimée avoisinant les 20 tonnes, il dispose d’un radar à balayage électronique AESA, de moyens de guerre électronique et d’une capacité de tirer des missiles longue portée chinois, comme le PL15. Ce dernier dispose d’une portée supérieure à 200km et a un guidage à radar actif, ce qui le rend officiellement comparable au Meteor de MBDA mais supérieur à l’AMRAAM américain. Côté avionique, le J-10C est équipé d’un viseur de casque, d’un HUD et d’une caméra infrarouge. Sa manœuvrabilité, observée dans les salons aéronautiques, est jugée élevée grâce ses larges plans canards et sa possible poussée vectorielle, lui offrant de bonnes capacités en combat tournoyant.
Le Pakistan serait le premier client export de l'avion, dont plus de 300 exemplaires de toutes versions sont en service dans la Force aérienne chinoise.
Le J-10C dispose d'une boule infrarouge et d'un HUD, visibles ici aux côtés de sa perche de ravitaillement (Crédits : aviation07101 sur Twitter)
Le Rafale permet à l'Inde de prendre l'avantage sur le Pakistan sur son rival pakistanais. Déja 36 avions doivent rejoindre l'IAF et de nouvelles commandes sont possibles, à la fois pour l'Indian Air Force mais aussi pour sa Marine qui cherche à équiper son premier porte-avion conçu localement. (Crédits : IAF)