Le Burkina Faso s’enfonce dans la crise
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Plusieurs manifestations de soutien aux militaires putschistes ont éclaté lundi dans la capitale Ouagadougou. Elles font suite à des mois de contestations de la population qui dénonçait l’incapacité du pouvoir à restaurer la sécurité dans le pays. L’armée française est présente au Burkina Faso avec près de 200 hommes des forces spéciales à Kamboinsin, en banlieue de la capitale. Le centre opérationnel de la TF « Sabre » y est implanté, et les aéronefs employés par le COS au Sahel sont régulièrement stationnés à Ouagadougou.
Autrefois présenté par l’armée française comme un « îlot de stabilité » au Sahel, le Burkina Faso a vu son territoire grignoté par les djihadistes en moins d’une décennie. Depuis 2015, la spirale de violences dans lequel le pays s’est enfoncé a fait plus de 2000 morts. Au Nord, dans la région du « Soum », l’armée doit affronter les terroristes d’Ansarul Islam, mais les groupes armés opèrent désormais également dans tout le sud du pays, aux frontières de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin. Le président Roch Marc Christian Kaboré a progressivement perdu son autorité sur de larges portions du territoire national, mais s’est toujours refusé à faire d’avantage appel aux partenaires Français et/ou internationaux pour renforcer la sécurité de son pays, se contentant officiellement d’autoriser les opérations de « Barkhane » localisées dans la zone dite « des trois frontières » constituées avec le Mali et le Niger. Cela dit, si les autorités burkinabè ont toujours veillé à ce que l’empreinte au sol de « Barkhane » reste modeste, il n’était pas rare ces dernières années de voir les chasseurs bombardier français Mirage 2000D basés au Niger survoler le Burkina Faso pour y conduire des frappes contre les groupes armés terroristes (GAT). Les experts de la région soulignent toutefois qu’au Burkina Faso, « la France a dû faire preuve de discrétion ces dernières années, face à un pouvoir qui avait du mal assumer cette présence étrangère, et à une hostilité grandissante à l’égard de la France de la part de l’opinion burkinabè ».