L'Inde arrête les négociations avec la Russie pour 10 Ka-31

Appontage d'un hélicoptère Ka-31 AEW indien.
Indian Navy

Appontage d'un hélicoptère Ka-31 AEW indien.
Indian Navy
En mai 2019, l'Inde entamait des négociations avec la Russie en vue d'acheter des hélicoptères d'alerte avancée aéroportée (AEW) Ka-31. Ces négociations sont arrêtées suite à la pandémie de COVID qui entrainait des délais trop longs et le prix par hélicoptère trop élevé. Les discussions reprennent ensuite en février 2022 mais ces négociations sont désormais au point mort d'après DefenseNews, qui cite une source anonyme au sein même du Ministère de la Défense indien. D'après cette source, l'Inde a suspendu les négociations suite aux incertitudes concernant la construction des hélicoptères mais aussi les problèmes liés au paiement. Il faut aussi envisager que l'Inde ait subi des pressions de la part d'autres pays afin de diminuer les apports financiers de la Russie suite à la guerre en Ukraine.
Ces hélicoptères sont pourtant fortement demandés par la Marine indienne puisqu'ils doivent notamment intégrer le groupe aérien embarqué du porte-avions INS Vikrant. Ce porte-avions (de type STOBAR) entame actuellement ses derniers essais avant sa mise en service prévue en juillet de cette année.
Le Ka-31 se base sur la structure de l'hélicoptère de transport d'assaut Ka-29TB. Sa mission est la détection longue distance des menaces navales et aériennes. Développé à partir de 1985 par Kamov, il voit son entrée en service repoussée 10 ans plus tard suite à la chute de l'URSS.
Cet hélicoptère à rotor contrarotatif est équipé d'un radar E-801M Oko (ou en version E pour l'export) qui se déploie sous la forme d'un grand rectangle sous l'hélicoptère, comme montré sur la photo de couverture. En cas d'urgence, il peut larguer l'antenne grâce à une charge explosive. Afin d'augmenter au maximum l'efficacité du radar, le train d’atterrissage est rétractable et l'hélicoptère est équipé du système automatique de contrôle de vol SAU-37D (permet de stabiliser l'hélicoptère). Sa portée de détection est estimée à 150 km pour les avions et 250 km pour des navires de petites taille. Il ne dispose pas d'opérateur en interne (seulement un pilote et un copilote) et transmet donc, via une liaison sécurisée, les informations qu'il récolte au bateau-mère. La portée de cette liaison est d'environ 150 km.
En termes de vitesse et d'autonomie, le Ka-31 peut voler à maximum 250 km/h, son endurance est de 2,5 heures et sa distance maximale est de 600 km. Lorsque le radar est déployé, l'hélicoptère effectue une patrouille à environ 3,5 km d'altitude à une vitesse maximale de 100 km/h.
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Actuellement, la Marine indienne opère déjà 14 Ka-31 :
Pour l'instant, il existe très peu d'hélicoptères disponibles dans une version AEW ; le Sea King AEW devient trop vieux et le Z-18J chinois ne peut être choisi pour des raisons géopolitiques (tensions entre la Chine et l'Inde). Ainsi, dans le cas où l'Inde choisirait de remplacer cette commande de 10 Ka-31, il ne lui resterait plus que le EH-101 AEW ou prospecter le développement d'une version AEW auprès de constructeurs d'hélicoptères. Si la seconde solution est choisie, elle prendra un certain temps et la Marine indienne aura donc un manque capacitaire dans ses éléments d'alerte avancée aéroportée.