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Steadfast Noon : lancement lundi de l'exercice nucléaire de l'OTAN

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 14 octobre 2022 à 17:00

B-61 de première génération.

B-61 de première génération.

USAF

Hebdomadaire

N2979 ● 17 juillet 2026

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Durant les deux prochaines semaines, ce sont plus d'une soixantaine d'avions de combat de 14 pays qui vont s'entrainer dans le cadre de l'OTAN à simuler des frappes nucléaires. L'exercice aura lieu en Belgique, au Royaume-Uni et au-dessus de la mer du Nord. Il faut s'attendre à de nombreux vols de F-16, F-35, Tornado ou encore des B-52H.

Un entrainement annuel important

Un accord de partage

Chaque année l'OTAN organise un exercice rassemblant l'ensemble des forces nucléaires de ses pays membres. Le but de cet exercice est d'entrainer ces différentes forces lors de grands exercices. En tant qu'organisation internationale, l'OTAN ne détient en aucun cas de bombes nucléaires mais comprend trois pays membres ayant un arsenal nucléaire : la France (qui ne participera à l'exercice), le Royaume-Uni et les États-Unis.

Pour ce dernier, une exception existe puisque des bombes nucléaires américaines sont prépositionnées dans plusieurs pays, signataire d'un accord de partage nucléaire (NATO Nuclear Sharing). Ainsi, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie disposent d'installations pouvant accueillir les bombes nucléaires américaines (plus d'informations ici). Dans le cas d'une attaque des pays membres de l'OTAN, le président des États-Unis peut activer ses bombes. Une fois cette autorisation donnée, les appareils des pays membres capables de transporter ces bombes passent alors sous le commandement de l'OTAN qui peut coordonner une attaque nucléaire.

Steadfast Noon

Cet exercice commencera le 17 octobre pour se terminer le 28 octobre. Cette année, c'est la Belgique qui est le pays hôte de cet exercice. Les vols auront également lieu au Royaume-Uni et au-dessus de la mer du Nord. En tout, ce sont plus de 60 appareils et 14 pays membres qui participeront à cet exercice de routine. Comme les années précédentes, l'USAF déploiera un ou plusieurs bombardiers stratégiques B-52 aux côtés des différents F-16, Tornado, F-35, etc. des forces aériennes des pays membres de l'Alliance participant à l'exercice.

Et la France ?

La France ne participera pas à cet exercice, suite à sa volonté de garder une capacité nucléaire indépendante. Cela n'empêche pas la France d'entrainer ses forces de dissuasion. Par exemple; l'Armée de l'Air et de l'Espace organise quatre fois par an l'opération Poker : des appareils des Forces aériennes stratégiques (FAS) simulent un raid nucléaire sur la France, incluant des ravitailleurs, des AWACS, une force aérienne importante, avec une composante ennemie, etc. afin d'entrainer les différentes unités françaises.

Tout comme les exercices Steadfast, les exercices Poker n'utilisent que des maquettes des bombes et missiles nucléaires. Pour rappel, les FAS utilisent des Rafale emportant un missile AMSPA. La DGA a d'ailleurs qualifié la version rénovée de ce missile (ASMPA-R) en mars dernier (plus d'infos dans cet article).

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Bientôt au tour des Russes

La Russie tiendra également son grand exercice d'entrainement nucléaire annuel, comme l'a confirmé le ministre de la Défense anglais :

"La Russie aura également son exercice annuel, je pense dans la semaine après ou peu après l'exercice annuel."

Cet exercice est également prévu de longue date et la Russie a informé publiquement de cet exercice pour éviter toute ambiguïté.

En plein conflit ukrainien ?

Une annulation impensable

Comme cité précédemment, cet exercice a lieu tous les ans et est prévu de longue date afin d'éviter toute ambiguïté. Lors de conférence de presse du 11 octobre, un journaliste avait posé la question sur une éventuelle annulation de cet exercice suite à la guerre en Ukraine. Le secrétaire général a répondu :

"Le moment est venu d'être ferme et d'affirmer clairement que l'OTAN est là pour protéger et défendre tous les Alliés. Et c'est un exercice prévu depuis longtemps, en fait prévu avant l'invasion de l'Ukraine. C'est un exercice de routine, et c'est un exercice pour s'assurer que notre dissuasion nucléaire demeure sûre, sécuritaire et efficace. [...] je pense que cela enverrait un très mauvais signal si nous annulions soudainement un exercice de routine planifié depuis longtemps en raison de la guerre en Ukraine. [...] Nous sommes là pour préserver la paix, pour empêcher l'escalade et empêcher toute attaque contre les pays alliés de l'OTAN. Donc, si nous créions maintenant les bases de tout malentendu, erreur de calcul à Moscou sur notre volonté de protéger et de défendre tous les Alliés, nous augmenterions le risque d'escalade et c'est la dernière chose que nous ferons."

Le rôle des doctrines

La logique de l'arme nucléaire est simple : elle doit dissuader, faire peur ! C'est donc une arme qui, le jour où elle est réellement utilisée, sera qualifiée comme un échec car elle n'a pas suffisamment dissuadé l'ennemi qui a agi. De fait, pour dissuader, il faut créer des limites à ne pas franchir. Elles sont disponibles dans les doctrines d'utilisations des armes nucléaires de chaque pays disposant du feu nucléaire. 

Le secrétaire général a bien précisé que dans le cadre de l'OTAN, ces bombes n'ont qu'un but défensif. Par ailleurs, le 29 avril 2022, Andrey Klimov a rappelé que les Russes n'utiliseraient pas le feu nucléaire "en premier", comme décrit dans la doctrine russe. Ces deux mots sont capitaux car ils expliquent clairement que les bombes nucléaires russes ne seront pas utilisées préemptivement, sans aucune circonstance décrite dans la doctrine ou en réponse à une attaque non-nucléaire. Ainsi, il faut comprendre que les armes nucléaires russes ne seraient utilisées que lorsque les intérêts vitaux (cet adjectif est important) de la Russie seront mis directement en danger, comme par exemple, une attaque nucléaire contre la Russie.

Gaétan Powis

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