Emmanuel Chiva : "Nous devons aussi être innovants en matière de coûts, rusticité et robustesse des équipements"
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Le Président de la République a présenté les grands axes de la future Loi de programmation militaire : quels sont les enjeux pour la DGA ?
La future Loi de programmation militaire (LPM) prévoit un budget de 413 milliards d’euros sur la période 2024-2030. Il s’agit d’un budget en hausse historique pour nos armées, en 2027 il aura doublé par rapport à 2017. Cet effort est inédit et cohérent avec les orientations de la Revue nationale stratégique annoncées par le Président de la république Emmanuel Macron en novembre dernier. Pour faire face à la densification des menaces actuelles et celles anticipées à horizon de la prochaine décennie, il s’agit de combler nos fragilités ou nos retards, de renouveler et renforcer nos moyens actuels, et de développer de nouvelles capacités pour permettre aux forces de conserver la supériorité opérationnelle dans tous les milieux, y compris dans les nouveaux espaces de conflictualités (l’espace, les grands fonds marins, le numérique,…).
Comme l’a précisé le ministre des Armées Sébastien Lecornu, il n’y aura aucun renoncement dans la LPM, toutes les lignes budgétaires augmentent et le budget est équilibré entre nos 3 armées. Il y a à présent un travail de conviction, de pédagogie et un agenda de puissance à dérouler. Ce qui signifie pour les armées et le ministère, la DGA en particulier, beaucoup de responsabilités : ce budget nous oblige, de nombreux et nouveaux programmes vont monter en maturité, représentant autant de défis à relever pour la DGA.
Quelles sont les priorités de cette LPM qui impliqueront directement l’activité de la DGA ?
Le projet de Loi de programme militaire 2024-2030 fixe plusieurs priorités : renforcer notre sécurité à 360 degrés c’est-à-dire partout sur tout le territoire national et dans tous les espaces, renforcer notre autonomie stratégique, notre cœur de souveraineté notamment avec la modernisation des composantes de notre dissuasion nucléaire, et de conforter notre crédibilité.
Plus concrètement et pour citer quelques exemples : passage au tout Rafale, développement du porte-avions de nouvelle génération, modernisation des forces terrestres, renforcement de nos moyens dans le domaine spatial et la maîtrise des fonds marins. Le budget consacré à la cybersécurité et à la défense sol-air sera multiplié par quatre, le budget consacré au numérique, aux drones, au renseignement sera doublé.
Le développement de ces capacités constitue des projets ambitieux sur le plan technologique, industriel et financier, que la DGA aura la responsabilité de conduire en coordination avec les armées et les industriels. La DGA continuera d’apporter toute l’excellence de son expertise technique à ses partenaires du ministère des Armées et au service de l’Etat.
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Autre priorité, l’innovation. Ce projet de nouvelle LPM consacrera près de 10 milliards d’euros à l’innovation, dans des domaines comme l’intelligence artificielle et le quantique qui permettront de décupler l’autonomie, la puissance mais aussi la résilience de nos systèmes. Le rôle de la DGA en étroite coordination avec l’agence de l’innovation de défense consistera plus globalement à détecter, développer et maitriser les technologies dont les armées devront impérativement disposer pour être réactives et endurantes, et leur assurer la supériorité opérationnelle.
Enfin, la DGA a la responsabilité d’accompagner les industriels à monter en puissance et en compétence, de façon à ce que la base industrielle et technologiques de défense (BITD) soit plus autonome et plus réactive, capable d’honorer plus de commandes et de produire plus vite. C’est une condition de notre autonomie et de notre souveraineté. Avec la future LPM, les industriels vont bénéficier de plus de 7 ans de visibilité sur les commandes et les budgets. La DGA a aussi le devoir d’examiner ce qu’elle peut simplifier dans son fonctionnement interne, dans ses processus d’achats ou de certifications, et d’identifier des pistes d’optimisation des coûts d’acquisition, de soutien et de partage des risques avec les industriels et les armées. Le plan de transformation en cours de la DGA, que j’ai décidé de bâtir avec mes équipes dès ma nomination l’été dernier, contribuera pleinement à relever ces défis.