Général Stéphane Mille : "Pégase 2024 se fera sans doute avec plusieurs pays européens"
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Jean-Marc Tanguy
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Comment avez-vous choisi le programme de Pégase 2023, avec quels attendus ?
Cela fait trois ans que nous effectuons ces projections vers le Pacifique. L’idée était de démontrer notre capacité à projeter un dispositif conséquent, cette année avec 10 Rafale, cinq Phénix et quatre A400M, ce qui constituait une force significative et crédible. Par rapport aux éditions précédentes, celle-ci comportait des dimensions d’influence, de coopération bilatérale et de rayonnement bien plus importantes. Nous avons été plus actifs dans la préparation de ces domaines. Ainsi, à chaque escale, j’avais demandé qu’un officier général soit présent pour présenter la projection Pégase et ce que l’Armée de l’Air et de l’Espace est capable d’apporter dans la zone en matière de puissance, de couverture de la zone, de réactivité et de rapidité de déploiement.
La manière dont nous avons conçu Pégase s’y prêtait : ainsi, à peine le dispositif était-il arrivé dans le Pacifique, qu’il s’est séparé en plusieurs sous-ensembles pour réaliser différentes missions comme un entraînement interallié à Guam ou des missions de rayonnement régional grâce aux A400M et MRTT au profit des forces armées en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. Le 23 juillet, deux Rafale ont rejoint la Nouvelle-Calédonie dans le cadre du voyage officiel du président de la République, d’autres se sont rendus en Indonésie (puis Djibouti) et les derniers ont mis le cap vers la Corée du Sud puis le Japon. Un tel dispositif permettait d’augmenter notre « surface de contact » et donc d’échanger avec de nombreux partenaires. On a pu mesurer l’impact local à travers les productions de médias, de posts sur les réseaux sociaux, dans l’ensemble des pays de la zone que nous traversions.
A quoi pourrait ressembler Pégase 2024 ?
Pégase 2024 se fera sans doute avec plusieurs pays européens. L’idée est de rallier ensemble l’exercice Pitch Black qui se déroulera en Australie à l’été 2024. A ce stade, le volume de moyens dépendra de ce que chaque pays voudra engager, mais également des capacités d’accueil de nos hôtes Australiens. Nous avons en tête un volume de 6 à 8 appareils par pays avec l’environnement associé. Les discussions se poursuivent.
On parle aussi d’une participation à Red Flag, mais lequel, au Nevada, en Alaska ?
Probablement en Alaska, l’Armée de l’Air et de l’Espace y a déjà participé par le passé.
Vous avez profité de votre escale à Anchorage le 20 juillet pour venir en repérage ?