Défense : les ambitions des Forces Spéciales Air
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Screenshot 2023-08-24 at 12-02-18 https __kiosque.demainunautrejour.com
BFSA
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Screenshot 2023-08-24 at 12-02-18 https __kiosque.demainunautrejour.com
BFSA
Avec un millier d'opérateurs et une dizaine d'aéronefs (Caracal, C130H, Twin Otter, Atlas), les Forces Spéciales Air (FS Air) sont un acteur incontournable des forces spéciales, qui comptent 4 500 hommes et femmes. Elles peuvent mêler leurs effets aux deux autres composantes, terre et marine, ce qui est le cas de figure le plus répandu, mais aussi opérer en solo, comme ce fut le cas pour l'évacuation des ressortissants de Kaboul en août 2021, qui mobilisa une grosse vingtaine de commandos du CPA 10, un Hercules de l'escadron de transport 3/61 Poitou, unité qui fournit aussi à l'époque un pilote d'Atlas.
L'Airbus A400M, précisément, est un des principaux sujets du moment pour les FS Air : le quadrimoteur d'Airbus monte en puissance et sera d'ailleurs présenté en vol au Sofins. «L'A400M est le vecteur de l'élongation, de la réactivité, on peut projeter un coup complet depuis la base aérienne 123 (où est basée la flotte Atlas française, ndlr). C'est une capacité importante pour l'Armée de l'Air et de l'Espace, elle donne aux opconers (contrôleur opérationnel, ndlr) un outil parfaitement taillé aux enjeux d'aujourd'hui, un monde qui va beaucoup plus vite, des crises qui se dévoilent parfois avec des faibles préavis : il nous faut cette capacité de réaction 3D que l'Armée de l'Air et de l'Espace peut offrir", commente le général Christophe Aubé.
Et de poursuivre : "L'A400M est l'objet de toutes mes attentions, pour sa capacité d'emport, de charge offerte à longue distance et son aptitude à mettre en oeuvre des chargements plus volumineux en volant plus vite et plus haut. Sa soute de nouvelle génération offre une alimentation électrique, de la régénération, du confort de transit. La capacité d'insertion d'une unité de forces spéciales va beaucoup compter sur l'aptitude du vecteur: l'A400M peut voler tout temps en suivi de terrain, faire de la navigation dégradée, de l'interfaçage de liaisons de données tactiques, autant d'atouts techniques que nous saurons mettre à profit dans une crise. En préparant un raid de FSAir, on travaille beaucoup sur ces aspects, le ravitaillement en vol, l'allonge, la surprise sur l'adversaire. Le fait de pouvoir imprimer un tempo dynamique nous permet de conserver l'initiative: le premier qui bouge a raison. Avec l'A400M, on peut raisonner à une échelle continentale, aller chercher des contournements, des pénétrations de façons différentes qui n'étaient pas possibles sur les vecteurs d'ancienne génération ».
À ce stade et vu le nombre encore limité d'avions en flotte (le 21e vient d'être livré mais une part de la flotte reste encore soumise à des programmes de rétrofits) et d'équipages formés au sein de l'escadron 3/61 Poitou, les FS Air ne disposent pas d'appareils en propre. Les demandes sont envoyées à la 61e escadre de transport qui gère les avions disponibles pour les trois utilisateurs, dont les deux autres escadrons conventionnels, 1/61 Touraine et 4/61 Béarn. Ce qui demande une connaissance fine des configurations, en fonction du type de missions qui seront conduites par chacun des trois, la flotte étant très loin d'être homogène. « J'aimerais bien en avoir un avec l'insigne du Poitou dessus », reconnaît le général Christophe Aubé, mais l'heure est plus à l'optimisation du potentiel technique. «On rentabilise chaque mouvement, chaque heure de vol », assure-t-il aussi avec pour objectif d'augmenter le nombre d'équipages formés.