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Israël : un groupe d'assaut de 2400 Marines et un second porte-avions américain

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 12 octobre 2023 à 17:25

Le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69) durant un entrainement avant son déploiement (27 juin 2023).

Le porte-avions USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69) durant un entrainement avant son déploiement (27 juin 2023).

US Navy

Hebdomadaire

N2979 ● 17 juillet 2026

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L’US Navy déploiera prochainement un second porte-avions dans les eaux européennes. S’il ne sera pas déployé au large d’Israël, il pourra être redéployé rapidement afin de soutenir le groupe aéronaval déjà présent en Méditerranée orientale. Le 26ème groupe expéditionnaire du Corps des Marines est également mis en alerte. Celui-ci est spécial car il a suivi un entrainement plus poussé avant son déploiement.

Les groupes aéronavals CSG 12 et bientôt CSG 8

Le 8 octobre, le Département de la Défense américain (DoD) annonçait le déploiement de nombreux moyens autour d'Israël, en ce compris le groupe aéronaval renforcé du porte-avions USS Gerald R. Ford (CVN-78, classe Gerald R. Ford). Dénommé Carrier Strike Group 12 ou CSG 12, il comprend, en plus du porte-avions et de son groupe aérien embarqué, un croiseur lance-missiles de la classe Ticonderoga et quatre destroyers lance-missiles de la classe Arleigh-Burke. Cependant, depuis le 11 octobre, les autorités américaines ont confirmé le déploiement du CSG 8, centré autour du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69, classe Nimitz), en Europe. Ce déploiement était prévu de longue date, avec une zone d'opération d'abord centrée sur l'océan Atlantique et ensuite, sur la mer Méditerranée.

Les deux CSG effectueront deux missions différentes :

  • comme expliqué ci-dessus, l'escadre du USS Dwight D. Eisenhower répond à un besoin de présence américaine dans les eaux européennes suite à l'instabilité géopolitique en Ukraine.
  • l'escadre du Gerald R. Ford n'est déployée au large d'Israël dans le seul but de dissuader une éventuelle attaque sur Israël, comme précisé le 11 octobre 2023 par John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain :

"[...][les navires du CSG 12] sont là à des fins de dissuasion pour faire comprendre à tout acteur, organisation, groupe, réseau terroriste ou État-nation potentiel - à quiconque pense cela, avec une intention hostile envers Israël - que le moment est venu d'élargir et d'étendre le conflit que nous prendrons au sérieux nos intérêts en matière de sécurité nationale.[...]"

Les navires d'escorte du CSG 8 ne sont pas encore connus actuellement mais il s'agira surement d'un croiseur lance-missiles de la classe Ticonderoga et de quelques destroyers lance-missiles de la classe Arleigh-Burke (en plus d'éventuels navires de soutien).

Le porte-avions USS Gerald R. Ford et le croiseur USS Normandy en mer Méditerranée.
Le porte-avions USS Gerald R. Ford et le croiseur USS Normandy en mer Méditerranée. (Crédits : US Navy)

Le 26 MEU du Corps des Marines

Alors que les navires de soutien aux opérations amphibies USS Bataan (LHD-5, classe Wasp) et USS Carter Hall (LSD-50, classe Harpers Ferry) étaient à quai au Koweït, les équipages et marines embarqués ont reçu l'ordre de retourner à bord de leurs navires respectifs sous les 48 heures et "de se préparer à d'autres tâches à la suite d'évènements émergents", d'après le capitaine Angela White, porte-parole du 26ème MEU, interrogée par le Marines Corps Times. Celle-ci précise que le 26 MEU n'a pas reçu une nouvelle mission bien précise et a refusé de dévoiler la destination des deux navires. Elle ajoute aussi que le 26 MEU est en train de positionner ses forces afin d'être préparé afin que, au moment où cette unité sera dirigée vers une crise, elle sera en mesure de réagir rapidement.

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C'est exactement le principe de base des Marine Expeditionary Unit (MEU) : concrètement, il s'agit d'un bataillon d'infanterie de marines renforcé, d'éléments aériens, logistiques et de commandement, déployés au sein de navires de débarquement de l'US Navy et projetés dans des régions considérées comme à risque. Cette pré-position permet, en cas de crise humanitaire, évacuation de ressortissants, conflit,... d'avoir des unités terrestres, totalement équipées, avec des moyens variés, capables d'être projetés rapidement sur la crise en question, depuis la mer ou les airs. Ce sont donc un peu moins de 2.400 marines américains qui sont désormais en alerte depuis le début de la crise en Israël, il reste toutefois à voir si l'USS Bataan et USS Carter Hall sont en route pour la mer Rouge.

MV-22B Osprey sur le pont d'envol du LHD USS Bataan (26th MEU) durant des opérations aéronavales dans le golfe Persique.
MV-22B Osprey sur le pont d'envol du LHD USS Bataan (26th MEU) durant des opérations aéronavales dans le golfe Persique. (Crédits : USMC)

Les Forces spéciales et le 26 MEU

Ces navires et marines peuvent aussi servir de base de départ et unité de soutien à de futures opérations de forces spéciales, le Département de la Défense américain ayant confirmé avoir mis en alerte des unités de forces spéciales positionnées dans la région. D'ailleurs, le 26 MEU est aussi catégorisé comme étant qualifié aux opérations spéciales. Il ne s'agit pas d'une unité à proprement parlé des forces spéciales du Corps des Marines, appelés "raider". Concrètement, les marines du 26 MEU ont reçu différentes formations spécifiques avant leur déploiement :

  • récupération d'avions ou de personnes
  • entrainement au raid
  • insertions et extractions furtives de "patrouilles" spéciales
  • interdiction maritime
  • évacuation de non-combattants

De fait, ce sont près de 2.400 marines qui peuvent être mobiliser pour soutenir une éventuelle opération de forces spéciales américaines (ou alliées ?) en lien avec la crise israélienne.

Déjà 12 A-10 déployés

A noter que l'US Central Command (CENTCOM), chargé du commandement des unités américaines au Proche et Moyen-Orient, Asie centrale et du Sud, a annoncé l'arrivée des premiers avions de combat promis. Au total, ce sont près de 12 avions d'attaque A-10 Thunderbolt II du 354th Fighter Squadron qui sont désormais déployés depuis une base aérienne non précisée.

LHD et LSD : quelques précisions

Un Landing Helicopter Dock représente la principale catégorie de bâtiment de soutien aux opérations amphibie car il peut à la fois projeter les troupes embarquées et leur matériel par air ou par mer. Le nombre d'appareils embarqué varie en fonction des navires mais est principalement composé d'hélicoptères, les plus grands LHD pouvant aussi accueillir quelques avions STOVL ; la classe Wasp peut ainsi accueillir quelques avions de combat AV-8B Harrier II ou F-35B Lightning II et surtout, un mix d'hélicoptères de transport lourd CH-53E Sea Stallion, multi-missions UH-1Y Huey, de combat AH-1Z Super Cobra ainsi que des tiltrotor MV-22 Osprey. En ce qui concerne les opérations amphibies, la classe Wasp dispose d'un radier pouvant accueillir trois aéroglisseurs de débarquement LCAC ou 2 chalands de débarquement LCU. Les engins amphibies peuvent aussi être directement mis à l'eau ou récupérés depuis le radier. L'équipage comprend 1.070 marins et officiers et une capacité de transport de troupes de 1.687 militaires mais qui peut monter jusque 1.871 militaires. La classe Wasp peut aussi transporter tous les véhicules et matériels les plus lourds des troupes embarquées. Pour information, la Marine nationale dispose actuellement de trois LHD, dénommé "porte-hélicoptères amphibie" de la classe Mistral. Ils sont toutefois bien plus légers que l'USS Bataan (21.500 tonnes contre 41.005,6 tonnes) et un peu plus petits (199 mètres contre 254,2 mètres).

En revanche, un Landing Ship Dock (LSD) est avant tout pensé pour les opérations amphibies mais avec une capacité d’accueillir des hélicoptères grâce à un pont d'envol important mais qui ne couvre pas la totalité d'un pont du navire. La classe Harpers Ferry se trouve être une variante de la classe Whidbey. La différence principale est interne : le radier des bâtiments de la classe Harpers Ferry n'est que de 67 mètres de long contre 134 mètres pour la classe Whidbey, diminuant de moitié la capacité de transport d’embarcations de débarquements (2 LCAC contre 4 LCAC) mais augmentant la capacité de transport du matériel des troupes embarquées. À ce propos, l'équipage du USS Carter Hall comprend 319 marins et officiers et peut transporter 402 militaires, avec une possibilité de monter jusqu'à 504 militaires. A pleine charge, la masse du navire atteint les 16.976,13 tonnes pour une longueur de 185,6 mètres.

USS Bataan (LHD-5) durant un ravitaillement en mer Méditerranée avec l'USNS Medgar Evers (T-AKE-13) en août 2023.
USS Bataan (LHD-5) durant un ravitaillement en mer Méditerranée avec l'USNS Medgar Evers (T-AKE-13) en août 2023. (Crédits : US Navy)
L'USS Carter Hall (LSD-50) appareillant de la base de Norfolk (USA) le 10 juillet 2023 avec une partie du 26 MEU à son bord.
L'USS Carter Hall (LSD-50) appareillant de la base de Norfolk (USA) le 10 juillet 2023 avec une partie du 26 MEU à son bord. (Crédits : US Navy)

Gaétan Powis

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