Comment l’Armée veut rebooster sa défense sol-air et anti-drones
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Jean-Marc Tanguy
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Jean-Marc Tanguy
Aujourd’hui, la défense sol-air de l’Armée de Terre française est à l’os, et aurait du mal à répondre aux défis de la haute intensité, mais également et plus simplement, d’accompagner efficacement les troupes en première ligne. Les limites sont visibles en matière de protection, de mobilité et de réactivité, mais aussi de couverture radar. L’Ukraine a servi de révélateur à certains, mais les déploiements réalisés depuis plusieurs années par l’Armée de Terre à l’est de l’Europe, en Estonie notamment, avaient déjà permis de mesurer le différentiel existant dans ce domaine avec les forces britanniques par exemple.
L’exercice Orion, qui a réintroduit la haute intensité dans l’entraînement, a aussi permis de mesurer l’impact d’une défense sol-air affûtée (avec de nombreuses destructions fictives réalisées par les Mistral), mais aussi des pertes (avec une section de tir neutralisée par exemple en un seul raid aérien). Ses radars NC1-30 et NC1-40 connaissent des obsolescences difficiles à régler, notamment sur les servitudes électriques, mais aussi sur l’hydraulique du premier. Leur nombre et leur portée sont aussi réduits.
Le NC1-40, le plus moderne, détecte un avion jusqu’à 30 km et un hélicoptère jusqu’à 18 km, insuffisant pour éclairer le niveau divisionnaire, qui opère sur 100 km de large et doit voir à une centaine de kilomètres dans la profondeur. En outre, ces radars de technologie ancienne n’ont pas forcément de grosses aptitudes à discerner les aéronefs compacts et volant bas que sont les drones et les munitions rôdeuses, qui n’existaient pas forcément à la date de leur conception, à la fin des années 90.
Outre ces limites techniques, les radars sont aussi disponibles en nombre trop réduit, alors que la demande, elle, est allée croissante ces dernières années. Les modèles les moins performants (NC1-30) sont réservés aux opérations intérieures, pour la protection du centre spatial guyanais et d’éventuels concours à des dispositifs particuliers de sûreté aérienne : ce sera peut-être le cas en 2024 avec les Jeux Olympiques, écartelés sur pas moins d’une quarantaine de sites (des Mistral seront mobilisés, c’est par contre une certitude).