"L'Armée de l'Air et de l'Espace en 2045"
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Armée de l'Air et de l'Espace
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Armée de l'Air et de l'Espace
Imaginer l’armée de l’Air et de l’Espace en 2045 et se prononcer en quelque sorte sur une certaine prémonition de l’avenir est un exercice délicat, voir risqué. Avec l’accroissement rapide des menaces, l’ubiquité des intérêts, les enjeux politiques enchevêtrés, il faut rester prudent dans ses analyses. Pour autant, l’immobilisme n’est pas une option, façonner la puissance aérienne et spatiale de demain nécessite de faire les bons choix aujourd’hui et de bien définir l’ambition que nous nous fixons, car comme le disait Kissinger : « quand on ne sait pas où l’on va, tous les chemins mènent à nulle part ».
Dans les prochaines décennies, la force jouera toujours un rôle fondamental dans les relations internationales car la nature en tous temps garde ses premiers droits. L’ambition de l’armée de l’Air et de l’Espace est de pouvoir conserver une puissance aérienne et spatiale efficace afin de protéger les français et les intérêts du pays. Le combat de demain s’effectuera avec un niveau de menace supérieur, comme le laisse entrevoir l’actualité, et exigera à la fois haute technologie pour l’emporter, masse pour durer, et connectivité étendue pour améliorer l’efficacité opérationnelle dans une logique M2MC.
Par conséquent, l’armée de l’Air et de l’Espace, en parallèle de ses missions actuelles, prend en compte cette évolution et s’adapte à l’éternelle logique du glaive et du bouclier. Ces menaces futures, je les entrevoie évolutives sur deux périodes de temps différentes, à l’horizon 2030 et à l’horizon 2045. À l’horizon 2030, nous assisterons à une généralisation des bulles de déni d’accès multi couches, plus difficiles à pénétrer, avec la prolifération de systèmes sol-air longue portée comme les S-400.