Le Patriot, du Koweït à la protection de l’Ukraine
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Tir d'essai d'un Patriot PAC-3 CRI de l'US Army (31 mars 2019).
US Army
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Tir d'essai d'un Patriot PAC-3 CRI de l'US Army (31 mars 2019).
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En mai 1967, le Secrétaire à la Défense (équivalent américain du ministre des Armées) choisi Raytheon comme industriel principal du programme SAM-D (Surface-to-Air Missile, Development). Il doit permettre le développement et la production d’un système antiaérien au profit des Forces terrestres américaines (US Army). L’année 1976 est une année charnière pour ce programme : en janvier, le SAM-D entre en phase de développement à grande échelle et en décembre 1976, un tir en environnement de contre-mesures électroniques est effectué avec succès par le tout premier lanceur sur le polygone de tir de White Sands Missile Range (Nouveau-Mexique, États-Unis). Entretemps, le 21 mai 1976, le SAM-D change de dénomination : il s’agit désormais du Patriot. Le changement de nom indique déjà l’intérêt de l’US Army pour ce programme et le choix s’est porté en fonction de l’année : en 1976, les États-Unis fêtaient le bicentenaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Après la continuation des essais, l’US Army passe commande et, en décembre 1981, le premier MIM-104A Patriot est livré et 20 ans après la sélection de Raytheon, le premier bataillon de Patriot est activé aux États-Unis.
Le Patriot va alors subir une première amélioration logicielle (aucune modification matérielle), lui permettant de détecter un missile balistique et tenter de l’intercepter. L’US Army déploie alors en juillet 1988 ses premiers MIM-104 Patriot Advanced Capability, également connu sous le terme Patriot PAC-1. Cependant, durant les essais de ce nouveau standard, l’efficacité antimissile n’est pas jugée suffisante et Raytheon développe alors un nouveau missile. En décembre 1988, le Patriot PAC-2 entre en production, avec un nouvel intercepteur, équipé d’un système de guidage plus précis, d’une fusée repensée et d’une ogive plus puissante.
Cette mise en production permet au Patriot de jouer un rôle important dans les opérations Bouclier du désert et Tempête du désert (1990-1991). L’Irak disposait alors de nombreux missiles balistiques, notamment des Scud, qui seraient utilisés contre Israël et les troupes coalisées en Arabie Saoudite en cas d’attaques sur l’Irak. Ces frappes de missiles ne seraient pas uniquement conventionnelles, l’ogive emportée pouvant être chimique ! Et comme promis, lors du déclenchement de l’opération Tempête du désert, des missiles irakiens ont été tirés sur Israël et l’Arabie Saoudite mais, les télévisions du monde entier filment alors des interceptions et des missiles SCUD éventrés : les quelques batteries de Patriot PAC-2 américains, déployées pour protéger des zones stratégiques sont actives et les images feront le tour du monde.
Le rapport du 7 avril 1992, publié par le GAO (équivalent américain de la Cour des Comptes), donne quelques chiffres sur ces interceptions. Il précise avant tout que les Patriot ne couvraient pas la totalité des pays protégés et seuls les sites stratégiques étaient couverts. Dès lors plusieurs missiles irakiens n’ont jamais été ciblés par les batteries en question. En ce qui concerne les tentatives d’interception, le taux d’interception était de plus de 80 % en Arabie Saoudite et plus de 50 % en Israël mais le GAO insiste sur le fait que ces chiffres sont bien trop grands pour de nombreuses raisons, en ce compris un mauvais comptage : seulement 86 % des 159 missiles tirés durant cette période ont été comptés officiellement dans les rapports.
De fait, cette capacité, certes limitée, démontre que le Patriot peut bel et bien offrir une certaine protection contre les missiles balistiques, tout en gardant une capacité de destruction longue portée contre des avions ou hélicoptères.
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