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Air & CosmosDéfense

Défense : La Marine à l'épreuve des opérations de haute intensité

Photo de Yann Cochennec

Yann Cochennec

Publié le 04 novembre 2024 à 06:29

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Marine nationale

Le Magazine

N2973 ● 05 juin 2026

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Revue des programmes aéronavals de la Marine, avec des priorités qui se renforcent dans les drones et la patrouille maritime, et des annonces possibles durant le salon Euronaval 2024.

Un format critique

Vingt ans après sa mise en service opérationnelle, le Rafale Marine a atteint un niveau de maturité exceptionnel, avec des « game changer » comme le missile air-air à longue portée Meteor de MBDA. Le standard F4, incrémental, amène encore de nouvelles briques : connectivité, viseur de casque, AASM 1000 kg, mais aussi un renforcement de la sécurité à l'appontage. Le déploiement du missile nucléaire l'ASMPA-R (par modernisation des missiles du parc commun Air/Marine) permet aussi un surcroit de versatilité à la force aéronavale nucléaire (FANu), activable lors des déploiements du Charles-de-Gaulle.

Le navire quittera Toulon en fin d'année pour quatre à cinq mois de mission en Indo-Pacifique avec deux flottilles de chasse, les 12F et 17F équipées en standard F4.1. Le standard F5, après 2033, amènera, lui, de nouvelles capacités, comme l'emploi coopératif avec un drone de combat. Le Neuron avait, en 2016, réalisé des vols dans l'environnement aéronautique du Charles-de-Gaulle sans y apponter. D'ici là se sera posée la question de la taille de la flotte Rafale, actuellement 41 appareils, dont un quart (les premiers Rafale F1 entrés en service au début de la décennie 2000) devra progressivement être retiré du service.

Le format de l'aviation embarquée deviendra critique. Avec 41 exemplaires en parc, il est déjà très difficile (mais pas impossible explique le sous-chef plans, cf. entretien du contre-amiral David Desfougères) d'assurer 24 avions dans la durée sur le pont du Charles-de-Gaulle, avec moins, ce sera impossible, et le porte-avions risquerait donc un décrochage capacitaire, et une perte de capacité à durer. Le sujet est suffisamment grave pour que le rapporteur Marine à l'Assemblée Nationale, le député Yannick Chenevard plaide, par ailleurs, pour la création d'une quatrième flottille de chasse, soit au moins 12 avions supplémentaires.

Surtout si, dans l'intervalle, la France prenait la décision de disposer d'une deuxième porte-avions : elle en aura deux très brièvement, entre l'arrivée du PANG en 2035, et le retrait du Charles-de-Gaulle, planifié en 2038. La prochaine fenêtre d'acquisition se situe dans la sixième tranche Rafale. Restera aussi à voir ce qui pourrait être aussi facilité par l'achat de la marine indienne (accord de principe pour 26 avions, mais toujours pas de contrat). Et comment l'évolution du SCAF rendra -ou non- nécessaire l'acquisition de nouveaux avions, voire une évolution du chasseur.

La seule arrivée de nouveaux moyens à court terme est l'Albatros, la nouvelle génération de surveillance maritime. Le premier exemplaire doit voler à Istres d'ici la fin de l'année pour des essais en vol qui dureront plusieurs mois, l'appareil n'étant attendu que courant 2026 à Lann-Bihoué, qui construit actuellement l'infrastructure du nouvel appareil. L'Albatros, fondé sur un Falcon 2000 XLS profondément modifié, dispose d'un radar multifonctions Searchmaster développé initialement pour l'ATL-2, d'une boule Euroflir 410 déjà largement répandue dans la Marine (Panther, H160) et d'un radio Contact de nouvelle génération.

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Yann Cochennec

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