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La production du premier E-2D Advanced Hawkeye français est lancée

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 11 décembre 2024 à 04:00

Représentation d'un E-2D Advanced Hawkeye de l'Aéronautique navale.

Représentation d'un E-2D Advanced Hawkeye de l'Aéronautique navale.

Northrop Grumman

Le Magazine

N2975 ● 19 juin 2026

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Northrop Grumman a annoncé que le tout premier avion radar embarqué E-2D Advanced Hawkeye de la Marine nationale était mis en production sur son site de St. Augustine (Floride). Au total, trois E-2D sont attendus pour remplacer les trois vénérables E-2C Hawkeye, en service depuis 1998. Ces nouveaux appareils offriront une solution AEW&C moderne au groupe aérien embarqué et à l’escadre du porte-avions Charles de Gaulle.

Lancement de production

Le 10 décembre, Northrop Grumman a annoncé dans un communiqué de presse la mise en production d'un nouvel avion de guet aérien avancé et de contrôle embarqué E-2D Advanced Hawkeye (AHE). Cependant, il ne s'agissait pas d'un AHE pour l'Aéronavale américaine mais bel et bien pour sa consœur française, l'Aéronautique navale. À l'occasion du lancement de la production du tout premier E-2D français, une cérémonie avait été organisée sur le site de St. Augustine (Floride, États-Unis), lieu de production des E-2D de Northrop Grumman, en présence de représentants de la Marine nationale, de Northrop Grumman, du commandement des systèmes de l'Aéronavale américaine (NAVAIR) et du bureau des programmes internationaux de l'US Navy (NIPO).

Pour rappel, le 6 juillet 2020, la Defense Security Cooperation Agency (DSCA) annonçait que le Département d’État (équivalent américain du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères en France) autorisait une possible vente de trois E-2D AHE auprès de la France. Le 6 janvier 2021, Northrop Grumman annonçait dans un communiqué de presse que la France avait signé une Lettre d'Offre et d'Acceptation (LOA), confirmant définitivement l'achat de ces 3 appareils. L'étape suivante fut le lancement de la production du premier appareil, organisée hier aux États-Unis. Les spotters qui souhaitent prendre en photo un E-2D avec la cocarde de l'Aéronautique navale devront encore être patients car ce premier appareil ne devrait être livré qu'en 2027.

Ligne d'assemblage des E-2D Advanced Hawkeye de Northrop Grumman à St. Augustine (Floride, États-Unis), avec un E-2D de l'US Navy au premier plan.
Ligne d'assemblage des E-2D Advanced Hawkeye de Northrop Grumman à St. Augustine (Floride, États-Unis), avec un E-2D de l'US Navy au premier plan. (Crédits : Northrop Grumman)

E-2D Advanced Hawkeye

Concrètement, ces trois futurs appareils permettront de moderniser les capacités de guet aérien avancé et de contrôle au profit du groupe aéronaval, centré autour du porte-avions Charles de Gaulle (R91, unique bâtiment de sa classe). Ils remplaceront les trois E-2C Hawkeye 2000, entrés en service à partir de 1998. Au niveau des différences techniques avec ces appareils, l'E-2D dispose d'une motorisation améliorée avec l'emport de deux turbopropulseurs Allison T56-A-427A d'une puissance unitaire de 5100 ch. Si la puissance ne change pas, ces moteurs sont bien moins gourmands en carburant et allongent donc l'endurance et l'autonomie de l'appareil.

Le radar AN/APS-145 est remplacé par l'AN/APY-9 de Lockheed Martin. Ce dernier est placé, comme pour l'E-2C, dans un radôme rotatif au-dessus du fuselage. Dans le cas de l'E-2D, ce radôme mesure 7,3 mètres de diamètre. Le nouveau radar dispose de deux modes de détection : détection mécanique ou électronique. Alors que le premier mode offre une détection à longue portée à 360°, le second permet d'affiner la détection, de réduire l'angle de recherche dans une direction spécifique ou encore dans des secteurs de 90°. La réduction de l'angle de détection permet d'offrir un suivi plus précis et surtout plus rapide des cibles détectées. À propos de cibles, l'AN/APY-9 peut détecter simultanément des cibles aériennes et en surface, le tout, dans un environnement électromagnétique brouillé.

En plus d'autres améliorations techniques, comme un full glass cockpit, un ajout spécifique permet de facilement différencier les E-2C Hawkeye des E-2D Advanced Hawkeye : une sonde de ravitaillement. Actuellement, les E-2C Hawkeye de la Marine nationale sont "limités" à un rayon d'action de 2852 kilomètres (endurance moyenne de 6h15 de vol). La capacité de pouvoir ravitailler les E-2D permettra d'augmenter ce rayon d'action et cette endurance, offrant une couverture radar aéroportée plus efficace pour les appareils du groupe aérien embarqué et l'escadre du porte-avions. Au niveau de l'Aéronautique navale, les futurs E-2D pourront être ravitaillés en vol par des Rafale Marine en configuration nounou : un Rafale M est équipé de réservoirs externes sous ses ailes et d'une Nacelle de RAvitaillement de Nouvelle Génération (NARANG) sous son ventre. Elle permet de dérouler un flexible souple avec à son bout, un panier. L'avion à ravitailler doit alors faire rentrer sa sonde dans le panier pour recevoir le précieux kérosène. La NARANG, développée et produite par Safran, permet de délivrer un débit de 750 à 1000 litres/minute.

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E-2D Advanced Hawkeye de l'US Navy paré au catapultage sur le pont d'envol du USS Carl Vinson.
E-2D Advanced Hawkeye de l'US Navy paré au catapultage sur le pont d'envol du USS Carl Vinson. (Crédits : Gaétan Powis)
Rafale Marine en configuration nounou avec des réservoirs externes et la Nacelle de RAvitaillement de Nouvelle Génération (NARANG).
Rafale Marine en configuration nounou avec des réservoirs externes et la Nacelle de RAvitaillement de Nouvelle Génération (NARANG). (Crédits : Marine nationale)

Interopérabilité unique avec l'US Navy

À noter que les trois E-2C de la flottille 4F (base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué, Morbihan) et les trois futurs E-2D français seront les seuls Hawkeye et Advanced Hawkeye a être utilisés depuis un porte-avions. Une coopération intense existe à ce propos entre l'US Navy et la Marine nationale : entrainements communs, ravitaillements communs, appontages de Rafale M français sur les porte-avions américains et de F-18E/F Super Hornet américains sur le porte-avions Charles de Gaulle,... D'ailleurs, dans le cadre de cette coopération, l'équipage du porte-avions Charles de Gaulle avait déjà eu l'occasion d'apercevoir de très près un E-2D. Le 11 mars 2022, des manœuvres communes entre les appareils du Charles de Gaulle et du USS Harry S. Truman (CVN-75, classe Nimitz) avaient été organisées. Pendant que les E-2C français appontaient sur l'USS Harry S. Truman, un E-2D de l'US Navy effectuait des présentations à l'appontage sur le Charles de Gaulle : train sorti, entrée dans le circuit d'appontage mais crosse rentrée et wave off en finale (pas de touch-and-go). Enfin, dans le cadre de cette interopérabilité, les futurs E-2D français seront très certainement qualifiés pour être ravitaillés en vol par des Super Hornet en configuration nounou mais aussi par des drones de ravitaillement MQ-25A Stingray de l'US Navy.

Première approche (crosse rentrée) d'un E-2D AHE de l'US Navy sur le porte-avions Charles de Gaulle.
Première approche (crosse rentrée) d'un E-2D AHE de l'US Navy sur le porte-avions Charles de Gaulle. (Crédits : Marine Nationale)

Gaétan Powis

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