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Des avions de combat français interceptent deux avions russes en mer Baltique

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 23 janvier 2025 à 09:34

Interception en mer Baltique d'un Il-20M Coot-A russe par un Rafale B des FAS (janvier 2025).

Interception en mer Baltique d'un Il-20M Coot-A russe par un Rafale B des FAS (janvier 2025).

@NATO_AIRCOM

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N2979 ● 17 juillet 2026

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Alors qu’un avion de transport stratégique Il-76 et un très intéressant avion de renseignement Il-20M russes n’obéissaient pas aux règles aériennes internationales, deux avions de combat Eurofighter italiens et deux Rafale français ont pris les airs pour les intercepter. Au total, la France a déployé en Baltique quatre appareils appartenant aux Forces Aériennes Stratégiques mais ils n’effectuent dans ce cas-ci que des missions conventionnelles.

Interception en mer Baltique

Le 21 janvier, les comptes X du Commandement Aérien de l'OTAN (@NATO_AIRCOM) et de l'État-major des Armées françaises (@EtatMajorFR) annonçaient que des avions de combat Eurofighter italiens et Rafale français avaient intercepté deux avions au-dessus de la mer Baltique. Les deux appareils appartenaient à la Force aérienne russe et volaient dans l'espace aérien international, au-dessus de la mer Baltique. Cependant, ils ne se conformaient pas aux réglementations aériennes internationales. Les appareils italiens et français ont donc pris les airs pour identifier les avions et les accompagner durant une partie de leur vol. La vidéo publiée par l'État-major des Armées permet d'identifier les deux avions : un avion de transport stratégique Il-76MD-90A Candid et un très intéressant avion de reconnaissance Il-20M Coot-A.

Il-20M Coot-A

Ce dernier est un avion de transport Il-18D mais profondément modifié pour assurer des missions de renseignement aéroporté. Différents capteurs assurent la collecte des informations :

  • Le "boxe" d'environ 10 mètres de long, situé sous le ventre de l'avion, entre les ailes et le cockpit, renferme un radar à visée latérale (SLAR) Igla.
  • Toujours sous l'avion, mais à l'arrière, deux antennes Kvadrat-2.
  • Au-dessus du fuselage, derrière le cockpit, se trouvent les deux antennes (trapézoïdales) Vishnya.
  • Sur les deux côtés du fuselage, sous les deux premiers hublots, se trouvent deux petits carénages renfermant chacun deux caméras de 1 300 mm A-87P. Le carénage droit (tribord) diffère du carénage gauche (bâbord) car il comprend aussi une entrée d'air pour le système de refroidissement du radar SLAR Igla.
Il-20M intercepté par les Eurofighters allemands en mer Baltique.
Il-20M intercepté par les Eurofighters allemands en mer Baltique. (Crédits : @Team_Luftwaffe)

Ces différents systèmes offrent à l'IL-20M des capacités de renseignement multiples :

  • Renseignement par l'image (IMINT) via les caméras et le radar SLAR. Ce dernier à l'avantage de pouvoir prendre des images indépendamment de la météo. Il ne doit pas être confondu par les plus récents radars de type SAR (radar à synthèse d'ouverture).
  • Renseignement d'origine électronique (ELINT), visant à détecter, identifier et géolocaliser un radar.
  • Renseignement par l'interception des télécommunications (COMINT), visant à écouter les différentes communications à distance.

S'il est parfois comparé à l'avion de renseignement électromagnétique EP-3E Aries II de l'US Navy, le Coot-A emporte un équipage bien plus réduit, avec seulement 6 opérateurs en cabine contre 12 pour l'Aries II. Pour l'instant, la présence de cet avion ne s'explique pas : brève reconnaissance de l'île suédoise hautement stratégique du Gotland ? Reconnaissance ELINT des différents radars de la région ?... En revanche, une surveillance de l'opération Baltic Sentry est à infirmer car cette opération est avant tout maritime. Un avion de patrouille maritime Il-38N May de l'Aéronavale russe aurait été bien mieux équipé (radar de surface, bouées sonars, MAD, boule électro-optique,...).

EP-3E Aries II de reconnaissance électromagnétique.
EP-3E Aries II de reconnaissance électromagnétique. (Crédits : US Navy)

Les FAS en Lituanie

Au total, l'Armée de l'Air et de l'Espace a déployé 4 avions de combat Rafale B (biplace) en Lituanie. Ils participent à la mission enhanced Air Policing (eAP), visant à renforcer les moyens aériens sur le flanc est de l'OTAN et dans ce cas-ci, la mission Baltic Air Policing (BAP). Pour rappel, les trois États baltes ne disposent pas d'une force aérienne et ne peuvent donc assurer la sécurisation de leur espace aérien. C'est ainsi que depuis 2004, des avions de combat armés de pays membres de l'OTAN assurent des alertes H24, 7J/7. Cette posture défensive a été renforcée tous le long du flanc Est de l'OTAN avec l'eAP, d'où la présence des appareils français.

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Mais ces Rafale B appartiennent tous à deux unités spécifiques de l'Armée de l'Air et de l'Espace : les escadrons de chasse 1/4 Gascogne et 2/4 La Fayette. Or, ces deux unités font partie des Forces Aériennes Stratégiques, le bras nucléaire de l'Armée de l'Air et de l'Espace. Les équipages et appareils sont ainsi capables d'emporter un missile Air-Sol Moyenne Portée Amélioré-Rénové (ASMPA-R). Ce dernier est un missile de croisière supersonique, développé et produit en France, et capable d'emporter une charge nucléaire. Cependant, cette mission hautement stratégique n'est pas la seule mission de ces deux escadrons car ils sont aussi capables d'effectuer des missions de bombardement conventionnels ainsi que des missions de protection aérienne, ces appareils pouvant bien évidemment emporter une large gamme de bombes, bombes propulsées air-sol, missiles de croisière et missiles air-air. D'ailleurs, les images et la vidéo montrent qu'ils sont armés d'un missile air-air MICA IR (guidage infrarouge) en bout d'aile et d'un MICA EM (guidage radar) sous l'autre aile.

Rafale B d'alerte en Lituanie équipé d'un missile air-air MICA IR en bout d'aile et MICA EM sous l'aile tribord (décembre 2024).
Rafale B d'alerte en Lituanie équipé d'un missile air-air MICA IR en bout d'aile et MICA EM sous l'aile tribord (décembre 2024). (Crédits : État-major des Armées)

Ces missions conventionnelles pour deux unités stratégiques sont même importantes car pour pouvoir rentrer dans une espace aérien ennemi, il faut pouvoir éliminer les éventuels avions de combat adverses ou encore frapper des cibles au sol. Ces deux menaces pourraient en effet mettre en danger les Rafale B porteurs des ASMPA-R : il est obligatoire pour ces deux unités de s'entrainer pour des missions conventionnelles en vue d'assurer le succès d'un hautement stratégique raid nucléaire. D'ailleurs, les missions de bombardement conventionnelles longue distance représentent en soit un raid aérien stratégique, la seule différence étant le tir de munitions équipées d'une charge conventionnelle. Par exemple, l'opération Hamilton en avril 2018 avait vu la participation des FAS en partant de France, tirant des missiles conventionnels air-sol SCALP-EG pour ensuite retourner sur la France, le tout, avec cinq ravitaillement au total, des avions d'escorte équipés en air-air, deux E-3F Sentry (les fameux AWACS),...

À noter qu'en une semaine, c'est la troisième fois que des appareils français font la une de l'actualité : les Rafale B en interception, et probablement pas la dernière de leur déploiement. À cela s'ajoute l'avion de patrouille maritime Atlantique 2 illuminé par une batterie antiaérienne S-400 (SA-21 Growler) russe et enfin, les patrouilles discrètes d'un avion léger de reconnaissance Vador autour de l'exclave russe de Kaliningrad et le long de la frontière avec la Biélorussie.

Gaétan Powis

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