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Le Nord-Ouest de la région de Kiev sous le contrôle des Ukrainiens

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 04 avril 2022 à 14:00

Hebdomadaire

N2979 ● 17 juillet 2026

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L'Ukraine contrôle désormais tout le Nord-Ouest de la région de Kiev, en ce compris, la centrale nucléaire de Tchernobyl. Les Russes étaient en train de perdre du terrain à partir du 25 mars mais Moscou semble vouloir sécuriser à tout prix une victoire dans l'Est de l'Ukraine. Ce redéploiement est dangereux pour les Russes qui doivent alors consommer du carburant et se réarmer, alors même que les problèmes logistiques ne sont pas encore réglés. Il faut aussi ajouter les harcèlements des Ukrainiens sur les colonnes russes ou même sur leur propre territoire.

Une accumulation de problèmes

L'échec de l'assaut héliporté 

Lorsque l'invasion a été déclenchée, les troupes russes ont eu beaucoup de mal à avancer vers l'Ouest de Kiev : l'aéroport Antonov devait servir comme tête de pont avancée pour les troupes russes. Elles ont donc lancé un assaut héliporté. Toutefois, cet assaut a subi de nombreuses pertes pour plusieurs raisons :

  • Manque de soutien auprès des parachutistes héliportés
  • Peu d'hélicoptères de combat en escorte
  • Très forte présence de MANPADS ukrainiens autour de la zone
  • Soutien héliporté ukrainien (confirmé et géolocalisé dans la zone)

Les parachutistes russes ont donc dû céder le terrain et s'éparpiller en désordre. Ce sera finalement une colonne terrestre qui capturera l'aéroport mais qui aura été rendu inutilisable par les Ukrainiens. Les troupes parachutistes venant de Russie, acheminée par Il-76 de transport, ont donc été réorientées vers Minsk et sont arrivées en Ukraine par voie terrestre.

L'obstruction des axes et le problème logistique

Les Russes se sont ensuite attelés à masser des troupes en vue de l'assaut sur Kiev. Là encore, tout ne s'est passé comme prévu. Les différentes obstructions créés par les Ukrainiens ont empêchés les mouvements russes dans de nombreuses zones, donnant ainsi un avantage aux défenseurs. Les Ukrainiens ont réussi à bloquer la colonne de 60 km en détruisant le pont vers Kiev et un commando a même capturé le pont à l'arrière de celle-ci. Cette capture arrive au moment où l'effort logistique russe ne parvient plus à suivre et ce, particulièrement sur le front Nord. Les troupes isolées n'ont plus de carburant, de soutien matériel, en munition ou même en nourriture et abandonnent leurs véhicules.

C'est l'occasion pour l'aviation ukrainienne d'effectuer des sorties sur cette zone ; sans carburant, les radars des unités anti-aériennes ne peuvent fonctionner et sont donc vulnérables. Certains MLRS chargés sont même garés sans aucune distance de sécurité et un drone a réussi à toucher un des véhicules, l'embrasement des MLRS provoque alors une très grosse explosion.

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Une contre-offensive inattendue

Petit à petit, avec l’essoufflement des Russes, les Ukrainiens dans cette région ont repris l'initiative ; dès le 25 mars, on aperçoit déjà la reprise de Makariv et de Kalynivka mais les combats font rages autour des ces deux zones. Le 29, les Ukrainiens peuvent harceler les troupes sur l'autoroute vers Kiev (E40) et les défenseurs de Kiev reprennent Irpin. Des combats ont lieu devant Borodyanka. A ce moment, la situation peut basculer pour les Russes : si les Ukrainiens capturent l'axe Borodyanka-Boutcha, plusieurs milliers d'hommes risques d'être capturés, sans oublier leur matériel.

Un redéploiement teinté d'une retraite

Début mars, les troupes russes semblent totalement se retirer de la région toute entière, laissant ainsi la possibilité aux Ukrainiens de remonter jusqu'à leur position du 24 février. Les divers éléments ci-dessus laissent à penser qu'il s'agit d'une retraite. Il est certain que la situation était critique pour les Russes dans cette zone mais il s'agit avant tout pour les Russes de se regrouper et essayer de se concentrer vers le Donbass.

Contre-attaque Ouest de Kiev.jpg
Contre-attaque Ouest de Kiev.jpg (Crédits : Air&Cosmos)

Tchernobyl et le problème de la zone irradiée

La centrale est désormais à nouveau sous contrôle ukrainien. Il n'y a pas eu de combat dans les environs de la centrale. Toutefois, les Ukrainiens ont annoncés récemment que des Russes étaient encore présent au sein de la zone d'exclusion.

D'après plusieurs sources, y compris cette dépêche de Reuters, des soldats russes auraient creusé des tranchées dans la zone d'exclusion et tout particulièrement dans la Forêt Rouge. Cette forêt est l'une des zones les plus contaminée du monde : la couleur rouge vient du brunissement des arbres suite à l’absorption de particules nucléaires lors de la catastrophe de 1986. La terre est également hautement contaminée. Les capteurs de la zone d'exclusion avait déjà enregistré une hausse des radiations suite aux mouvements des véhicules russes dans certaines zones hautement contaminées. Selon des personnels de la centrale, les Russes ne semblaient pas au courant de la catastrophe ni même du danger des radiations. Ainsi, quand ils ont creusé des tranchées sans aucun équipement de protection, ils ont plus que probablement respiré de la poussière radioactive. Suite à l'irradiation prolongée, ces troupes auraient été retirée la zone. D'après Faustine Vincent, journaliste du Monde, 7 bus médicalisés auraient emmené les des troupes pour le centre radiologique de Homel en Biélorussie.

Le Donbass, l'objectif des prochaines opérations

Les Russes semblent relâcher la pression sur l'entièreté du front Nord pour se redéployer très rapidement vers le Donbass, afin de relier les troupes de Kharkiv avec celles du Donbass. Cette liaison n'est pas encore effectuée car les Ukrainiens reprennent du terrain à Kharkiv et les Russes sont bloqués à Izium et à Louhansk. Plusieurs sources OSINT laisse penser que le pouvoir politique russe cherche à sécuriser une victoire coûte que coûte dans cette région et ce, avant le défilé du 9 mai sur la Place rouge de Moscou. L'empressement russe joue ainsi en faveur des Ukrainiens :

  • Les Ukrainiens reprennent plusieurs zones et auraient capturés depuis le 24/02 environ 1.000 véhicules russes de tout type (blindés, chars, camions,...)
  • Les Russes doivent utiliser du précieux carburant pour se relocaliser alors même que la logistique à du mal à suivre. Les Ukrainiens ont d'ailleurs bombardé un stock de munition sur Belgorod (Russie) et effectué un raid de Mi-24 sur un dépôt de carburant (article sur ce raid audacieux).

Gaétan Powis

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