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Gripen suédois en Ukraine : un rapport et une condition

Photo de Gaétan Powis

Gaétan Powis

Publié le 06 octobre 2023 à 15:45

JAS 39 Saab Gripen suédoise en retour de mission.

JAS 39 Saab Gripen suédoise en retour de mission.

Försvarsmakten

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N2973 ● 05 juin 2026

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En annonçant une nouvelle aide militaire, la Suède a aussi confirmé qu’aucun avion de combat Gripen ne sera transféré avant son adhésion au sein de l’Alliance atlantique. Un rapport sur les effets d’une éventuelle livraison doit aussi être publié par les Forces armées suédoises dans un mois.

Une annonce

Le 6 octobre, Pål Jonson, ministre de la Défense suédois, a annoncé une nouvelle aide militaire à l'Ukraine. D'un montant de 199,8 millions de dollar, elle comprend notamment :

  • des obus de 155 mm
  • des pièces de rechange pour des chars
  • des équipements de communication satellite
  • de l'équipement d'infanterie

Lors de l'annonce, il a parlé de deux points très importants sur la possibilité d'envoi d'avions de combat Gripen à l'Ukraine :

"Le gouvernement a aussi confié une mission aux Forces armées suédoises pour analyser et rendre compte des conditions de renforcement de l'Ukraine grâce au [transfert] JAS 39 Gripen. Le soutien sous la forme de JAS 39 Gripen serait conditionné à l'adhésion de la Suède à l'OTAN."

Une analyse

D'après un article de Sveriges Radio, la mission donnée aux Forces armées suédoises doit permettre la rédaction d'un rapport d'analyse sur l'impact qu'aura la livraison d'avions de combat Gripen à l'Ukraine sur les capacités militaires suédoises. Toujours d'après Sveriges Radio, le gouvernement suédois semble axer la livraison d'un appareil contre la production rapide d'un nouvel appareil, afin de ne pas créer un trou capacitaire. Reuters précise que ce rapport sera terminé dans un mois, et transmis au gouvernement pour le 6 novembre 2023 au plus tard.

L'Ukraine doit recevoir des avions de combat F-16 Fighting Falcon mais espère aussi détenir des Gripen suédois. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'était d'ailleurs rendu en Suède le 19 août 2023 pour obtenir plus d'aides de la part des Suédois. Il avait notamment annoncé :

"Aujourd'hui, nous avons discuté en détail des futures étapes concernant la possibilité d'une ouverture du sujet concernant la réception de Gripen suédois." Il avait également mentionné que des pilotes ukrainiens avaient déjà commencé un entrainement sur les avions (Reuters).

Une condition

Cette condition pourrait faire apparaitre deux avantages pour la Suède. Cependant, au vu des récents accords politiques, un seul avantage semble être d'actualité :

  • Pouvoir avoir plus de soutien politique pour rentrer le plus rapidement possible dans l'Alliance Atlantique. Cependant, cet avantage ne semble plus fort utile depuis juillet dernier. En effet, depuis la demande d'adhésion, seuls la Turquie et la Hongrie bloquaient sur le sujet. Cependant, à l'occasion du sommet de l'OTAN à Vilnius en juillet dernier, Recep Tayyip Erdoğan, le président turc, avait affirmé avoir trouvé un terrain d'entente en vue d'autoriser cette adhésion (Reuters). Suite à cette annonce, des officiels hongrois ont aussi confirmé leur soutien à cette adhésion. Il ne s'agirait donc plus qu'une question de temps !
  • Une telle livraison pour un pays "sans alliance de défense" est risquée. Il suffit de revenir au début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. En effet, du point de vue de la Suède (et de la Finlande), le fait de ne pas faire partie d'une alliance militaire ne permet plus d'éviter une éventuelle invasion, d'où cette volonté de vouloir rentrer dans l'Alliance Atlantique. Aà noter que, dès le 25 février, la Russie avait ouvertement menacé ces deux pays, au travers d'une déclaration de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe : "La Finlande et la Suède ne devraient pas baser leur sécurité en endommageant la sécurité d'autres pays et leur accession à l'OTAN peut avoir des conséquences préjudiciables et faire face à de multiples conséquences politiques. [...]"
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Le Gripen en Ukraine : quels impacts ?

S'il ne s'agira pas du tout du nouveau Gripen E (image ci-dessous), l'arrivée de Gripen C/D (ou encore des F-16) représentera tout de même un avantage pour les Forces aériennes ukrainiennes : ces avions sont modernes ou modernisés contrairement aux avions d'origine soviétique, légèrement modernisés par l'industrie aéronautique ukrainienne. Comme le F-16, le Gripen est développé et construit sur les standards OTAN et peut donc emporter une large variété de munitions air-air, air-sol ou encore air-mer dont la qualité et la portée ne trouvent aucun équivalent dans l'arsenal ukrainien d'avant le début de cette invasion. Par exemple, le Gripen peut emporter des missiles BVR (au-delà de l'horizon), comme le missile Meteor (portée supérieure à 100 kilomètres, no escape zone très large,...). L'avantage est double : d'un côté, l'afflux de munitions pour ces avions est très large, assurant un afflux quasi constant et de l'autre, d'utiliser ces armes à 100 % de leur potentiel, sans devoir bricoler des pods permettant l'emport de munitions OTAN sur des avions soviétiques. Il ne faut pas non plus oublier la possibilité d'emporter des pods spécialisés en fonction des missions.

En revanche, le Gripen se distingue du F-16 (mais aussi des Eurofighter, F-18, F-35 et Rafale) par un coût à l'heure de vol équivalent ou moins cher (d'après Jane's, cité par Saab), confirmant un avantage économique en ce qui concerne :

  • la maintenance,
  • un usage en carburant,
  • une préparation avant-vol,
  • des réparations
  • des coûts de personnels

Cet avion est aussi capable d'opérer dans des environnements extrêmement froids ou encore de décoller sur des distances assez courtes pour un appareil de cette taille.

Un Gripen E suédois en vol. Il s'agit de la série la plus avancée du Gripen et actuellement en phase de test en Suède.
Un Gripen E suédois en vol. Il s'agit de la série la plus avancée du Gripen et actuellement en phase de test en Suède. (Crédits : Saab)

Gaétan Powis

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