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Bombardements d'un hopital pédiatrique oncologique: la Russie tente de faire accuser Kiev

Photo de Xavier Tytelman

Xavier Tytelman

Publié le 10 juillet 2024 à 02:00

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Media DR

Hebdomadaire

N2979 ● 17 juillet 2026

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Alors qu'une attaque massive a touché l'ensemble de l'Ukraine, le principal hôpital pédiatrique oncologique a délibérément ciblé par un missile Kh-101. La Russie tente néanmoins de faire porter la responsabilité des dégâts à la retombée d'un système de défense aérienne ukrainien.

Une défense aérienne dépassée

Le lundi 8 juillet, les alarmes anti-aériennes ont retenti une nouvelle fois dans les rues de Kiev. Déclenchées à 9h52, il ne fallut pas attendre longtemps avant que les premières frappes russes s'abattent sur la capitale ukrainienne. Un court délai indiquant que les missiles tirés sont balistiques, tels que les missiles Kinzhal.

Cependant et comme cela est désormais devenu classique, l’objectif de ces missiles n’était pas d'atteindre des cibles militaires ou stratégiques, mais de terroriser la population de Kiev. Le ciblage d'infrastructures civiles est malheureusement récurrent pour la Russie : réseaux de chauffage urbain, centrales électriques, stations de pompage d'eau, supermarchés, zones résidentielles, mais aussi centres médicaux qui sont spécifiquement visés... D'après l'Organisation Mondiale de la Santé (ou OMS, agence de l'ONU spécialisée), pas moins de 1682 attaques contre des centres médicaux avaient été répertoriés au 3 avril 2024...

Mais cette dernière attaque a spécifiquement touché plusieurs plusieurs centres de soins et choque particulièrement, avec notamment la destruction du plus grand hôpital pédiatrique d'Ukraine spécialisé en oncologie, l'hôpital Okhmatdyt, ainsi que plusieurs bâtiments dont une maternité. Les centaines d'enfants atteints de cancer ont ainsi dû être évacués, et le bilan des victimes n'est pas encore connu.

Un hôpital qui venait tout juste d’être rénové

Le bilan n’est encore que provisoire, mais cette attaque de la Russie sur l’Ukraine a pour le moment causé 37 morts et 69 blessés, à quoi s'ajoutent d'autres sites puisque l'attaque s'est étendue sur l’ensemble de l’Ukraine, avec des ciblages dans Dnipro, Kryvyï Rig, Sloviansk et Kramatorsk. La seule ville de Kryvyï Rig, au sud du pays, déplore ainsi 10 personnes tuées par ces frappes.

Une seconde alerte a ensuite été émise car une nouvelle vague de drones avait été signalée, faisant craindre aux secours une deuxième salve de bombardements visant les secours, une pratique appelée "double strike" malheureusement régulièrement mise en œuvre par la Russie en Ukraine. Ces attaques du 8 juillet sont les frappes les plus meurtrières depuis des mois dans les zones non occupées par la Russie.

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Il n'existe aucun doute sur l'origine de la frappe

La frappe qui a touché des infrastructures civiles ce 8 juillet est le résultat d’une campagne de bombardements russes sur la capitale ukrainienne et l'ensemble du pays, comme en attestent les débris de missiles Kh-101 retrouvés ou les images des missiles clairement identifiables. Le missile est parfaitement reconnaissable par sa forme distinctive, ses ailettes caractéristiques et son entrée d’air située sur l’arrière, d'autant que le suivi de la trajectoire des missiles permet d'en retracer l'origine de l'autre côté de la frontière.

La propagande russe a néanmoins tenté de faire porter le chapeau des destructions à la retombée supposée de missiles de défense aérienne ukrainiens d'origine américaine Patriot ou NASAM, une explication largement reprise sur les médias sociaux même si elle est totalement impossible : la forme, la couleur ou la longueur du missile Patriot ne correspondent pas, et la charge militaire d'un missile de défense aérienne est bien trop faible pour générer de tels dégâts (moins de 20 kg d'explosifs pour la tête d'un NASAM par exemple).

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668db0a430629.webp (Crédits : Image Air & Cosmos)

Cette stratégie de désinformation, bien rodée, s'inscrit dans une campagne plus large menée par le Kremlin pour défendre et justifier les actions du gouvernement russe sur le front international. Cependant, les preuves matérielles retrouvées sur le site de l'attaque, ainsi que les analyses des images, remettent catégoriquement en cause ces allégations. La communauté internationale a condamné fermement ces actes et les tentatives de manipulation qui les accompagnent, comme l’a démontré le commentaire de la sous-secrétaire générale de l’ONU, Joyce Msuya, en affirmant que « lancer intentionnellement des attaques contre un hôpital […] est un crime de guerre dont les auteurs doivent rendre des comptes ».

L'analyse des bâtiments touchés permet également d'exclure toute erreur russe, notamment en cas de frappe imprécise à quelques dizaines voir centaines de mètres près : aucun site stratégique ou militaire n'étant situé dans les environs, comme le montre cette analyse.

Xavier Tytelman

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