Rocket Lab : l'heure du doute
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Rocket Lab
Le 23 avril, les prés de la Nouvelle-Zélande tremblent pour la 75e fois. Au bout de la péninsule de Mahia, au nord de l’archipel, les vaches regardent décoller les Electron. Fondée en 2006, Rocket Lab est en partie ancrée en Nouvelle-Zélande, seconde patrie de son fondateur, aussi Américain, Peter Beck. Ses pas de tir au bout du monde, sont aujourd’hui très demandés, y compris par la clientèle étrangère. En effet, ce 23 avril, les charges utiles sont des petits satellites japonais de démonstration technologique. La mise en orbite a été sponsorisée par l’Agence spatiale japonaise, qui a choisi Electron à cause de la panne du lanceur Epsilon qui dure depuis 2022. Lors du vol orbital précédent, le 28 mars, les vaches de Mahia ont vu partir les satellites Celeste de l’Agence spatiale européenne (voir A&C n°2968). Même choix pour la société française Kinéis, qui a déployé 25 satellites avec Electron en 2024 et 2025. Stress financier de l’attente, urgence géopolitique, risque de perdre ses fréquences : tout le monde se précipite pour voler avec Electron. Mais cette situation profitable à Rocket Lab ne suffit pas à compenser des pertes structurelles qu’accuse le groupe américain, à savoir 198,2 M$ en 2025 d’après le rapport annuel.
Depuis ses débuts, Electron a volé 87 fois, dont 8 vols suborbitaux avec une version nommée Haste, et 4 échecs. Fiable, précise, exclusive, innovante, disponible, Electron coche toutes les cases, sauf celle du prix, très élevé. Néanmoins certains opérateurs commerciaux, préfèrent payer plus cher pour ne pas attendre et pour se retrouver sur l’orbite de transfert de leur choix, suffisamment confortable, grâce à la précision de l’étage supérieur qui a fait la renommée du lanceur, pour faire gagner de l’espérance de vie aux satellites en économisant du carburant. Un service qui est aux antipodes des vols partagés opérés par SpaceX. Comme clients fidèles figurent des opérateurs commerciaux d’observation de la Terre tels que BlackSky (12 vols réalisés, 5 à venir), iQPS (7 vols réalisés, 9 à venir), Synspective (6 vols réalisés, 18 vols à venir). Un autre business prometteur s’est dégagé des vols Electron : le suborbital avec Haste, dont 20 vols ont été réservés par le Pentagone dans le cadre du programme Mach-TB de tests hypersoniques.