Des éléments-clé de la vie dans la chevelure de la comète Tchouri
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L’expérience Rosina, le « nez » de la sonde Rosetta de l’ESA satellisée autour de la comète Tchourioumov-Guérassimenko depuis août 2015, a formellement identifié dans les gaz qui en émanent deux éléments comme cruciaux pour l'origine de la vie sur Terre : de la glycine, le plus simple des acides aminés, et du phosphore, présent dans l'ADN, les membranes cellulaires ou la molécule ATP. La physicienne suisse Kathrin Altwegg, responsable de l'instrument Rosina à l’Université de Berne, ajoute : « Dans le même temps, nous avons également détecté d’autres molécules organiques qui peuvent être des précurseurs de glycine, nous donnant ainsi des indications sur les voies possibles de formation de cette molécule. (…) Nous voyons un lien étroit entre la glycine et la poussière, ce qui suggère qu'elle est probablement libérée peut-être avec d'autres molécules volatiles à partir des manteaux glacés des grains de poussière une fois qu'ils sont réchauffés dans la chevelure. ». Matt Taylor, responsable scientifique de la mission Rosetta à l’ESA, considère pour sa part : « La multitude de molécules organiques déjà identifiées par Rosetta, désormais complétée par la détection passionnante d’ingrédients fondamentaux tels que la glycine et le phosphore, confirme notre idée que les comètes aient eu la capacité d’apporter sur Terre des molécules clés pour la chimie prébiotique. Démontrer que les comètes sont des réservoirs de matière primitive dans le système solaire et les vecteurs qui auraient pu transporter ces ingrédients essentiels à la Terre, est l'un des principaux objectifs de la mission Rosetta, et nous sommes ravis de ce résultat. »