Le Crew Dragon remet l’Amérique en selle
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Gwynne Shotwell, la présidente et cheffe de l'exploitation de SpaceX, avouait le 1er mai dernier lors d’une conférence de presse en ligne, en pointant du doigt sa gorge : « Mon cœur se trouve actuellement à ce niveau, et je pense qu’il va rester à cet endroit jusqu'à ce que Bob et Doug reviennent en toute sécurité de la Station spatiale internationale… ». Heureusement, jusqu’ici tout va bien puisque, le 31 mai, la capsule Crew Dragon de l’entreprise californienne s’est amarrée avec succès au complexe orbital, à peine 19 heures après un lancement parfait depuis le Centre spatial Kennedy, en Floride. A son bord, deux astronautes de la Nasa, sélectionnés en 2000 et vétérans de deux missions navette chacun : Douglas « Chunky » Hurley (commandant) et Robert Behnken (commandant des opérations jointes), respectivement âgés de 53 et 49 ans. L’événement était historique : aucun Américain ne s’était envolé pour l’espace à partir du sol américain et à l’aide d’un vaisseau américain depuis le 8 juillet 2011, date du début de l’ultime vol d’une navette spatiale (mission Atlantis / STS-135). Il avait permis l’envoi vers l’ISS de quatre astronautes et du module logistique Raffaello, et s’était achevé un peu moins de 13 jours plus tard, sur la piste géante du KSC. C’était il y a 8 ans et 10 mois – 3 236 jours exactement. Depuis, Donald Trump a succédé à Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, Jim Bridenstine a remplacé Charlie Bolden à la tête de l’agence spatiale américaine, et la Station fêtera en novembre prochain ses 20 ans d’exploitation permanente. Près de la moitié de son occupation aura reposé sur les relèves d’équipage à l’aide de vaisseaux russes.