Reportage chez Sodern
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Un tiers des satellites mondiaux de plus de 150 kg actuellement sur orbite (hors marché militaire étranger) embarque au moins un équipement conçu et fabriqué par Sodern, équipementier en optronique spatiale français créé en 1962 et filiale d’ArianeGroup depuis 2016. La PME compte aujourd’hui 450 salariés propres et affichait un chiffre d’affaires de plus de 76 M€ en 2019 (dont près de la moitié réalisé à l’export), en hausse par rapport à 2018 (72,6 M€), autorisant un plan d’investissement sur dix ans. En 2016, elle a décroché le joli contrat de fourniture des 1 800 viseurs d'étoiles de la future mégaconstellation OneWeb dédiée à la connectivité, proposant un produit (dont elle a gardé la propriété intellectuelle) dix fois plus léger et jusqu’à 100 fois moins couteux à produire que les équipements existants : Auriga, composé de seulement six pièces principales et… douze vis.
Aujourd’hui, la partie la plus importante du chiffre d’affaires de Sodern est assurée par la production des viseurs d’étoiles traditionnels (« Star Trackers ») Hydra et SED26, leaders du marché international. Le premier est équipé de plusieurs têtes optiques (jusqu’à quatre, avec une redondance froide en haut de gamme), couplées à une ou deux unités électroniques, sauf lorsque le client choisit d’intégrer le logiciel directement dans le satellite. On les retrouve sur les satellites Pléiades, Goes ou Spot 6 et 7, ces derniers n’ayant jamais connu de décrochage depuis leur mise à poste, en septembre 2012 et juin 2014. Sur cette gamme et ce marché en croissance, Sodern s’est imposé en Europe, aux Etats-Unis, en Asie et en Russie, et compte doubler sa capacité de production (c’est-à-dire passer d’environ soixante viseurs par an à plus d’une centaine), grâce à une production au plus juste (« lean »), intégrée sur une ligne actuellement en cours de réaménagement.
Disposant d’un détecteur CCD et d’une électronique plus compacte, le viseur SED26 concerne davantage les satellites de télécommunications (Inmarsat 5 F5, Ekpress AM8, Amos 4…), puis ceux d’observation de la Terre (Helios 2, OrbView 3 et 4…), sans oublier son utilisation à bord des cinq vaisseaux-cargos automatiques européens ATV, lancés vers la Station spatiale internationale entre 2008 et 2014. Le successeur du SED26, Horus, offrira une architecture très différente, permettant d’être à la fois plus compact et plus performant.