L’Inde spatiale en 2021
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L’année 2020 aura été une année en creux pour l’Inde spatiale, en termes de réalisation orbitales (deux missions, en novembre et décembre – cf. A&C n°2721) mais également avec une baisse en cours d’exercice du budget de l’Isro, l’agence spatiale indienne, amputé de 15 % sur son premier trimestre 2020-2021. Cependant, l’Inde semble être désormais en mesure reprendre le rythme habituel de ses activités. Ainsi, son premier lancement de l’année est intervenu 28 février, avec la mise sur orbite héliosynchrone du premier satellite d’observation brésilien, Amazonia 1 (700 kg au décollage), et de quelques passagers auxiliaires, à l’aide d’un PSLV-DL. Parmi les matériels en préparation, citons l’observatoire XPoSat (X-ray Polarimeter Satellite), pour mesurer la polarisation des photons des rayons X provenant des cinquante sources célestes connues les plus brillantes, et le satellite franco-indien Oceansat 3-Argos, qui se trouve actuellement en cours d’intégration à Bangalore. Du côté des lanceurs, on s’attend à l’entrée en service d’ici la fin de l’année du SSLV (Small Satellite Launch Vehicle). Ce petit véhicule à trois étages et à ergols solides, conçu avec une approche de réduction des coûts et de simplicité (architecture modulaire et utilisation de composants existants) est présenté comme une réponse à la demande croissante de lancement de minisatellites. En développement depuis 2018, il devrait être capable d’expédier jusqu’à 500 kg de charge utile sur orbite basse (ou 300 kg sur orbite héliosynchrone).
Kailasavadivoo Sivan, qui préside l’Isro depuis janvier 2018 (voir son portrait dans A&C n°2578), vient d’être reconduit pour une année supplémentaire par le Premier ministre Narendra Modi. Il a annoncé 14 lancements indiens cette année, malgré les reports importants de deux missions emblématiques qui viennent d’être officialisés. Tout d’abord, la mission lunaire Chandrayaan 3 (dotée d’un atterrisseur) glisse de la fin 2021 à 2022. Elle aura la même configuration que Chandrayaan 2 mais sans orbiteur, utilisant celui lancé en juillet 2019. D’autre part, le premier vol habité indien est désormais fixé à 2023 (soit avec un an de retard), le premier des deux vols automatiques d’une cabine Gaganyaan étant désormais fixé au mois de décembre prochain.