ArianeGroup : une vision pour l’Europe
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C’était le dernier rendez-vous pour la presse organisé au 28e étage de la tour Cristal, dans le quartier de Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris, avant un déménagement dans les Yvelines des dernières équipes d’ArianeGroup. Le site des Mureaux accueille en effet depuis le 1er octobre le siège du groupe, engagé depuis septembre 2021 dans un important plan d’économies. Celui-ci va notamment se traduire cette année par 588 départs volontaires (dont 520 en France), soit environ 8 % de l’effectif global, en accord avec les partenaires sociaux, et avec un important volet de mobilité, au sein même du groupe ou vers les maisons mères, Airbus et Safran : aucun licenciement sec ne sera à déplorer, nous répète-t-on.
Pour André-Hubert Roussel, qui a commencé son allocution par un rapide bilan de l’année passée, 2021 a constitué « une année marathon », marquée notamment par le lancement le 25 décembre du télescope James Webb de la Nasa (cf. A&C n°2764). Le bilan financier n’est pas encore disponible, sachant que le chiffre d’affaires de 2020 s’élevait à 2,7 Md€.
L’année 2022 semble en tous cas s’ouvrir sur une « conjoncture astrale particulièrement favorable pour de nombreuses opportunités », entre la présidence française du Conseil de l’Union européenne, qui a démarré le 1er janvier et doit se dérouler jusqu’au 30 juin prochain, et la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne, qui se tiendra en novembre à Paris, sur invitation de la France (qui co-présidait avec le Portugal la conférence intermédiaire de Matosinhos, en novembre dernier). Et André-Hubert Roussel de se réjouir de la bonne place que semble désormais occuper l’espace dans les priorités politiques, citant le projet de constellation européenne sur la connectivité sécurisée cher au commissaire européen Thierry Breton, le récent plaidoyer de Josef Aschbacher, le directeur de l'ESA, en faveur de vols habités 100 % européens, et les grandes priorités de la présidence française de l’EU. Celles-ci semblent se structurer autour de la future constellation communautaire, de l’avenir du programme d’observation de la Terre Copernicus et d’une stratégie spatiale européenne dans le domaine de la défense et de la sécurité. La France compte également assurer un suivi de la question de la gestion du trafic orbital et de l’alliance des lanceurs proposée par Thierry Breton. A cela s’ajoutent 1,2 Md€ d’investissement pour le spatial engagés dans le plan d’investissement France 2030, dévoilé le 12 octobre dernier par Emmanuel Macron, et le Space Summit de Toulouse le 16 février prochain, où se retrouveront 27 ministres européens de l’espace, en plus d’un Conseil de l’ESA. Sans oublier l’arrivée outre-Rhin d’un nouveau gouvernement fédéral, résolument proeuropéen, et d’une nouvelle coordinatrice des affaires aéronautiques et spatiales, Anna Christmann.