Matinales du CEPS : soutenir l’industrie spatiale française
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Après la crise sanitaire, Thomas Courbe, l’un des pilotes des programmes de relance économique France 2030 et France Relance, identifie trois enjeux principaux auxquels doit faire face l’industrie spatiale française : l’arrivée massive de nouvelles entreprises, souvent issues du numérique ; l’ambition réaffirmée des puissances spatiales, en particulier les Etats-Unis et la Chine ; et le développement de services et solutions innovantes.
Thomas Courbe perçoit une évolution « contrastée » de la filière française ces dernières années. Tout d’abord, il se réjouit de voir que les constructeurs de satellites de télécommunications civils aient réussi à conserver entre 30 et 50 % du marché ouvert des satellites commerciaux. Mais, dans le domaine des lanceurs, force est de constater que SpaceX s’est imposé face à Arianespace, tandis que de nouveaux acteurs affichent de grandes ambitions, comme Blue Origin sur le segment des lanceurs lourds et plusieurs startups allemandes sur celui des microlanceurs.
Cette « nouvelle course à l’espace », qui refait de l’espace « un lieu contesté », se traduit par une augmentation des budgets spatiaux (hausse de 20 % en Allemagne entre 2016 et 2021, et de 50 % aux Etats-Unis), et se manifeste dans l’exploration, les vols habités, mais aussi sur les sujets de sécurité et de défense spatiale. Le soutien des nouveaux acteurs est particulièrement fort outre-Atlantique, note Thomas Courbe : « Pour SpaceX, ce sont à peu près 8 Md$ d’argent public qui ont été investis depuis sa création (plus ce que l’Europe a consacré au lanceur Ariane) ; pour la société d’imagerie spatiale Maxar, ce sont plusieurs centaines de millions de dollars ; pour la constellation Starlink, c’est un premier contrat de 1 Md$ pour couvrir en haut débit des zones reculées en Amérique du Nord, et un second contrat arrive… ».