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Défense en très haute altitude: la bataille de demain

Photo de Hubert de Caslou

Hubert de Caslou

Publié le 15 janvier 2023 à 10:56

Le dirigeable autonome et à haute altitude

Le dirigeable autonome et à haute altitude

TAS

Hebdomadaire

N2979 ● 17 juillet 2026

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La prochaine guerre se préparera dans les couches les plus élevées de l'atmosphère, qui sont de plus en plus fréquemment utilisées pour des activités d'espionnage et d'attaque, malgré le manque de surveillance efficace de ces espaces.

Les enjeux d'une redéfinition de l'espace aérien jusqu'aux très hautes altitudes

La défense d'un pays englobe la protection de son espace aérien, qui est défini comme l'espace situé au-dessus de son territoire et de ses eaux territoriales. Selon les conventions internationales, un pays a le droit de faire valoir sa souveraineté jusqu'à 12 milles nautiques (soit environ 22 km) de ses côtes et jusqu'à l'altitude de 66 000 pieds (soit environ 20 km). Cela signifie que tout aéronef qui évolue à une telle hauteur ne violerait pas l'espace aérien d'un pays.

Cependant, il existe peu d'appareils qui sont capables de voler à de telles altitudes, à l'exception de l'avion espion américain U-2 "Dragon Fly", qui peut voler à 80 000 pieds d'altitude. Par le passé, le Mirage IIIE, doté d'un moteur-fusée SEPR, était également capable de voler à de telles altitudes, comme l'a démontré en 1967 lors de l'interception d'un de ces U-2 qui s'intéressait de trop près aux sites nucléaires français.

Il existe également une zone située entre la limite supérieure de l'espace aérien (20 km) et la limite inférieure de l'espace extra-atmosphérique (fixée à 100 km par la Fédération aéronautique internationale et à 122 km par la NASA), qui n'est régie par aucun traité international. Cette zone peut offrir de nombreux avantages pour le renseignement, les télécommunications ou la guerre électronique. Les capteurs emportés par un appareil capable d'évoluer dans cette zone afficheraient des performances accrues et les communications seraient plus efficaces.

Multiplication des projets de ballons atmosphériques, de drones de très haute altitude, de planeurs hypersoniques ou de satellites en orbite basse

Cependant, cette zone peut également devenir un champ de confrontation si un pays décide de déployer un dirigeable stratosphérique au-dessus d'une ville importante. C'est pourquoi l'armée de l'Air & de l'Espace mène actuellement une réflexion urgente sur la question, étant donné que les progrès technologiques permettant de développer de telles capacités sont rapides. Le général Stéphane Mille, chef d'état-major de l'armée de l'Air & de l'Espace, a expliqué : "jusqu'à présent, la très haute altitude n'était pas exploitée ou très peu, mais avec la multiplication des projets de ballons atmosphériques, de drones de très haute altitude, de planeurs hypersoniques ou de satellites en orbite basse, il faut ouvrir une réflexion et éviter demain une potentielle lacune capacitaire." Le chef d'état-major des Armées, le général Thierry Burkhard, a commandé un rapport sur la protection - militaire et stratégique - de l'espace aérien et spatial, afin d'éviter toute lacune en matière de défense. Les forces armées doivent être en mesure de protéger efficacement cet espace aérien et de développer les technologies nécessaires pour pouvoir opérer efficacement dans cette zone, pour assurer la sécurité nationale et préserver la souveraineté du pays.

Il est également important de noter que la très haute altitude est également un enjeu important pour les activités commerciales et scientifiques, telles que les télécommunications, la météorologie, la surveillance de l'environnement et l'observation de la Terre. Les entreprises et les organisations scientifiques sont également en train de développer des technologies pour pouvoir opérer dans cette zone, ce qui ajoute encore plus d'importance à la réflexion sur la défense de cet espace aérien.

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Hubert de Caslou

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